Grippe aviaire: dans le Gers, des éleveurs dans l'incertitude

Grippe aviaire: dans le Gers, des éleveurs dans l'incertitude

"On ne sait pas comment on va passer le cap": dans le Gers, des éleveurs de canards étaient dans l'incertitude lundi alors qu'entrait en vigueur le vide sanitaire imposé par le gouvernement pour lutter contre la grippe aviaire.

Des parcours vides, 4 mois sans production, 12 employés au chômage partiel: avec l'aide de son fils, Pierre Peres rentre lundi ses derniers canards en salle de gavage. "Je ne sais pas comment on va passer le cap", affirme cet exploitant à Saint-Michel, dans le Gers, qui élève, gave et transforme les animaux sur la ferme. "En temps normal, on a un camion qui va livrer du frais toutes les semaines. Il ne va pas livrer pendant 4 mois, et pendant ce temps, on a les mêmes charges qui tombent", soupire ce producteur en circuit court. 

Le département du Gers, deuxième producteur de foie gras français, fait partie des 18 départements concernés par les mesures inédites de lutte contre l'épizootie de grippe aviaire prises en janvier par le gouvernement. Ce 18 avril, les derniers animaux devaient être confinés, avec une date limite d'abattage fixée au 2 mai.

La famille Peres a commencé à remplir son dossier d'indemnisation, pour pallier une perte qu'elle estime à 30% des 40.000 canards produits en moyenne sur la ferme. Mais c'est "la trésorerie" qui inquiète l'éleveur, ne sachant pas si elle sera suffisante malgré le versement d'un acompte de 50% au mois de juin, dans le cadre de l'enveloppe de 130 millions d'euros d'aide octroyée par les autorités.  

- "Bande unique" -

A plus long terme, le gouvernement prévoit la mise en place de mesures de biosécurité sur les quelque 7.700 exploitations du Sud-Ouest: sas de désinfection, protocoles revus, fonctionnement en "bande unique", c'est-à-dire avec des groupes d'animaux du même âge. Impossible de continuer à produire avec "5 à 6 âges différents sur la ferme", comme c'était le cas chez M. Peres. "On va changer notre système, en se regroupant avec des exploitations voisines ayant le même métier", ce qui entraînera une production réduite "de 5 à 10%", explique-t-il. Paille, fiente et plumes: à une soixantaine de kilomètres de Saint-Michel, le hangar et les parcours de Benjamin Constant sont vides depuis samedi. Cet exploitant, qui élève à Sainte-Radegonde (Gers) 21.600 oiseaux par an pour la coopérative "Les délices d'Auzan", propriété du groupe Intermarché, s'attelle lundi au nettoyage et à la désinfection du site. Le vide sanitaire n'est pas nouveau pour ce producteur qui fonctionne déjà en "bande unique", mais sa durée sera exceptionnelle, avec une rentrée de canetons seulement à l'été. Une nouvelle porte à aménager, une remorque à acquérir: l'éleveur attend de recevoir la formation à la biosécurité, prévue en juin, pour savoir ce qui lui sera demandé sur ses 8 hectares de parcours et 800 m³ de son bâtiment d'élevage, évoquant cependant des "ajustements" plutôt que d'"importants investissements" sur un site datant de 2011.

"Il nous faut des éléments de projection, pour voir comment on repart, mais après on a aucune certitude, et on ne juge que sur la réalité des faits", estime celui qui est aussi secrétaire départemental du syndicat Jeunes Agriculteurs (JA). "Il y a beaucoup de belles annonces, mais on l'a vu pour les crises précédentes, avec des choses qui n'arrivent pas, où c'était du vent", juge cet exploitant, qui parle d'un "flou artistique" entourant le plan de lutte contre la grippe aviaire. "Il fallait prendre une décision, on verra si c'était la meilleure", estime-t-il.

Source AFP

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Commentaires 2

BEMOL224

Entièrement d'accord. Bientôt je vais avoir honte de travailler et on va nous montrer du doigt.En dehors de nos tracteurs dans les rues, notre seul moyen d'action est le bulletin de vote; ne vous trompez pas...

hetre humain

un etudiant vas gagne plus qu un agriculteur qui travail

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