Grippe aviaire: le risque est surtout économique pour les éleveurs français

Anne Sophie LESAGE avec AFP

Grippe aviaire: le risque est surtout économique pour les éleveurs français

Les éleveurs français se disent prêts à affronter un éventuel cas de grippe aviaire en France et craignent que la médiatisation de cas récents en Europe ne détournent certains clients vers les poulets américains ou brésiliens.

En 2006, lors de la dernière crise de grippe aviaire en France, la filière française avait perdu de nombreux marchés à l'export et subi de plein fouet une baisse de la consommation et des cours. Résultat: 300 millions d'euros de manque à gagner, rappelle Christian Marinov, directeur de la CFA, Confédération française de l'aviculture. "Aujourd'hui, le risque économique est donc beaucoup plus important" que les éventuelles conséquences sur la santé publique et "les Brésiliens ou Américains pourraient profiter de l'aubaine", craint-il. Sur le plan sanitaire, "en 2005/2006, on avait élaboré un protocole, c'est pour ça qu'on est très sereins aujourd'hui (...) on est assez bien préparés", affirme Christian Marinov. " Les trois élevages contaminés, l'ont probablement été par des oiseaux migrateurs (...) C'est la faute à pas de chance ..." ajoute-t-il. De plus, en France, "le gros de la migration est déjà passé ", précise t-il. 

La souche H5N8, qui était jusqu'à présent cantonnée en Asie, a été détectée pour la première fois en Europe début novembre dans un élevage d'Allemagne.  Elle est ensuite apparue la semaine dernière aux Pays-Bas et en Angleterre. Selon un expert européen à Bruxelles, il est "très probable" que les trois foyers soient liés, la maladie ayant été portée par des cygnes migrateurs actuellement en route vers le sud. Lundi, le ministère de l'Agriculture avait annoncé avoir demandé à tous les maillons de la filière de renforcer la surveillance dès le 12 novembre. "Il ne faut pas s'alarmer du tout, mais il faut rester vigilant (notamment, ndlr) sur la propreté, le transport des animaux et les échanges avec l'Europe, sachant que certains animaux vivants sont envoyés en Allemagne ou Belgique pour abattage", détaille Christian Marinov. Si un cas était détecté, les autorités lanceraient le plan national d'intervention sanitaire d'urgence qui prévoit une série de mesures: abattage, périmètre de surveillance, éventuellement périmètre d'éradication et interdiction de transports dans une zone définie. 

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires