Influenza aviaire : L’ITAVI « pas inquiet, mais vigilant »

Propos recueillis par Anne Sophie LESAGE

Influenza aviaire : L’ITAVI « pas inquiet, mais vigilant »

Une dizaine de jours après avoir détecté un nouveau cas d’influenza aviaire en France, point d’étape de la diffusion du virus en quatre questions à Anne Richard, Directrice de l’Institut Technique des filières avicole, cunicole et piscicole.

Où en est-on de la propagation de l’influenza aviaire (H5N8)? 

Anne Richard : « Cette année, l’influenza aviaire n’arrive pas du tout par le même mode de diffusion que 2015. Cette fois-ci, elle est arrivée de l’Est de l’Europe, par des oiseaux sauvages. Toute l’Europe est touchée, d’ailleurs, il y a beaucoup de cas en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suisse … En France, c’est une exploitation du Tarn qui a été touchée en premier et qui ensuite a  contaminé un élevage voisin. A ce moment là, les animaux étaient en incubation de la maladie, mais ne présentaient aucun signe clinique. L’éleveur de canard de la seconde exploitation a donc envoyé ses animaux à gaver dans trois exploitations : du Gers, des Hautes-Pyrénées et Lot-et-Garonne. Les canards sont tombés malades en arrivant en atelier de gavage. La contamination principale a donc eu lieu dans le Tarn et ensuite des foyers secondaires ont été créés dans les trois autres départements. Pour l’instant, l’influenza aviaire est limitée à ces quatre départements. »

Pourquoi avoir relevé le niveau de risque vis-à-vis de la maladie, de « modéré » à « élevé » ?

A .R. : « Aujourd’hui, notre souci est de circonscrire les cas existants, pour qu’il n’y ait pas de diffusion. C’est dans ce but que des mesures extrêmement sévères ont été mises en place dans les zones concernées. Il ne faut plus aucun mouvement d’animaux, dans les 10 kilomètres autour des zones concernées, puisque c’est par ce biais que la maladie se diffuse. Nous avons relevé le niveau de risque à « élevé » car les oiseaux migrateurs continuent à passer en France. Les grosses migrations se poursuivent jusqu’au 20 décembre. Etant donné que le premier cas a été localisé dans le Tarn et que ce département n’est pas dans une zone de passage majeure des oiseaux (qui suit habituellement les cours d’eau), par sécurité nous avons passé toute la France en risque « élevé » et donc mis en place des mesures renforcées. Notre objectif, c’est la protection des élevages. »

Un bon test pour les mesures de biosécurité ?

A.R. : « Pour l’instant, l’origine de la contamination du Tarn est inconnue. Les études épidémiologiques sont en cours, donc nous en connaîtrons la raison. Pour l’instant, il faut veiller à ne pas faire grandir la zone contaminée. Une grosse majorité d’éleveurs ont été formés aux mesures de biosécurité. Ils savent comment se comporter et ce qu’ils doivent éviter. »

Etes vous inquiets ?

A.R. : « Nous espérons qu’il n’y ait pas d’autres foyers qui se déclarent ailleurs. Pour l’instant la maladie ne concerne que de toutes petites zones. Nous ne sommes pas inquiets, nous sommes vigilants. Nous faisons très attention à ce que les élevages se protègent bien. Tant que la maladie n’est pas détectée dans une nouvelle zone, il n’y a pas de raison de s’inquiéter. »

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