Interview : Une interprofession volailles chair unique doit voir le jour », estime Eugène Schaeffer, président

Propos recueillis par Pascal Le Douarin

Le président de la Confédération française de l'aviculture, Eugène Schaeffer, défend bec et ongles l'idée de la création d'une interprofession volailles de chair unique et non fédérative.

Pourquoi avez-vous envoyé une lettre ouverte aux adhérents de la CFA et de Coop de France ?

Parce que dans un monde où tout bouge, il est temps d'agir. Dans le contexte économique
actuel, les filières volailles chair se posent des questions sur leur avenir. Il y a urgence à
créer l'interprofession et cela pour deux raisons essentielles. D'abord, la situation de la
filière volailles de chair avec les restructurations économiques qui se déroulent sous nos
yeux. Les filières chair doivent renforcer leur capacité de réponse et d'actions collectives.
Une mise en commun généralisée est nécessaire. Il faut qu'existe un lieu de dialogue entre
tous les maillons. D'autre part, vis-à-vis de l'évolution des relations entre les pouvoirs
publics et le monde agricole. Ceux-ci attendent des filières organisées pouvant leur
proposer un seul interlocuteur crédible et reconnu.

Est-ce le bon moment pour AGIR (avancer) après tant de mois, d'apparente inaction ?

Nous avons continué à travailler dans la discrétion. La situation économique de nos filières
n'est guère brillante. À l'OMC, les négociations ne sont pas encore closes, même si nous
sommes soulagés de la tournure des événements. L'Europe risque de devenir très déficitaire
dans le secteur avicole. Oui, c'est sans doute le bon moment pour (ré)agir ensemble.

Quelles sont les priorités de l'Interprofession ?

Plusieurs actions prioritaires sont du ressort d'une telle interprofession : face à la baisse de
la consommation, un effort beaucoup plus important pour la promotion des produits est
indispensable, un renforcement de la politique de recherche-développement sur des sujets
d'intérêt collectif (production, transformation, innovation, santé, sécurité…) est également
nécessaire. Au plan économique, la remise en cause par la DGCCRF des négociations sur
les prix interprofessionnels a pu laisser penser que les interprofessions étaient remises en
cause. Il n'en est rien et en écoutant les déclarations du Premier ministre au Space, le
contre-pied est pris. Les interprofessions sont le lieu où l'on peut débattre de l'avenir
économique et financier de la filière ou encore de l'adaptation de la production aux marchés,
sans pour autant générer de pratiques anticoncurrentielles. Le volet promotion sera sans
doute l'activité la plus intense et aussi la plus « budgétivore ». Actuellement, les
interprofessions et comités avicoles existants drainent environ 2,5 millions d'euros. Nous
espérons rassembler des moyens plus importants avec une seule interprofession.

Source Réussir Aviculture Octobre 2008

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