L’allemand Wiesenhof revient à une alimentation des volailles sans OGM

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L’allemand Wiesenhof revient à une alimentation des volailles sans OGM

Le groupe allemand Wiesenhof (groupe PHW) vient d’annoncer sa décision de revenir rapidement à une production de volailles sans OGM.

L’allemand Wiesenhof revient à une alimentation des volailles sans OGM

Celle-ci intervient environ dix mois après la déclaration faite par ZDG, fédération allemande de l’industrie avicole, d’abandonner la filière non-OGM, avec comme raisons invoquées un manque de disponibilités en soja non OGM, un risque de contamination dans la fabrication des aliments par la filière OGM et un environnement juridique incertain. De même, McDonald’s Europe a levé, en avril 2014, l’interdiction faite à ses fournisseurs d’avoir recours à des aliments contenant des OGM pour nourrir leurs volailles, invoquant le manque de disponibilités en soja non OGM, mais il est probable que le problème du prix de revient soit également intervenu dans leur décision (surcoût estimé à 1/3 environ pour le non OGM). L’Allemagne est le premier pays où cette interdiction a été levée.

La décision de Wiesenhof a été prise à la demande de la grande distribution allemande, elle-même sous la pression des ONG. En effet, après consultation des autorités brésiliennes, la grande distribution a acquis la conviction qu’il n’y avait aucun problème d’approvisionnement en soja non-OGM, contrairement aux allégations précédentes, d’autant que le développement de cette demande devrait inciter les producteurs de soja à rebasculer vers le sans OGM. Elle a donc demandé en septembre dernier à ses fournisseurs de revenir à une alimentation des volailles sans OGM. Cette décision constitue une première étape importante dans le retour à une production allemande sans OGM.

En effet, avec un chiffre d’affaires de 1,4 Md € et une production de 535 000 t en 2012/13, Wiesenhof est le leader allemand du secteur de la viande de volailles, avec une part de marché de l’ordre de 30 %. Sous la pression des ONG, cette première annonce devrait être suivie rapidement par les autres industriels allemands, et sans doute, par la suite, européens. En outre, la grande distribution allemande compte adresser prochainement la même demande aux industriels des autres productions animales : viande de bœuf et de porc, produits laitiers. Se pose alors objectivement le problème de la disponibilité en soja non OGM sur le marché européen.

En effet, on estime que 17 % seulement des volailles européennes sont encore élevées avec des aliments non OGM (source FEFAC). Or l’élevage européen est dépendant à 70 % des importations pour son approvisionnement en matières protéiques. Ainsi, l’UE-28 a importé, en 2013/14, 13,5 millions de tonnes de graines de soja et 18,5 millions de tonnes de tourteaux de soja, dont respectivement 5,6 millions et 8 millions en provenance du Brésil, seul des grands pays américains exportateurs à avoir encore une production non OGM, mais qui ne représente plus que 10 % environ de sa production totale de soja (94 millions de tonnes en 2014/15). En définitive, cette annonce pourrait bien être la première étape, sous la pression des ONG, d’un retour de l’industrie européenne de la volaille, mais également des autres productions animales, vers la filière soja sans OGM. Mais celui-ci suppose de trouver les approvisionnements en soja non-OGM et donc une reconversion des producteurs brésiliens, qui ne se fera clairement pas du jour au lendemain, compte tenu du taux de pénétration actuel des OGM.

Source : Note conjoncture : PRISME - 07 - Février 2015

 

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Commentaires 3

alain

regression

lachevrevache

Super nouvelle! Et le maÏs? Persèvèrons, persèvèrons, et un jour on aura tout bon tout bio! Et on se dira: "mais pourquoi on l'a pas fait plus tôt!?"

CLOCHE215

très bonne nouvelle!!!

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