L’avenir de Tilly-Sabco en suspens

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L’avenir de Tilly-Sabco en suspens

Le patron du volailler breton Tilly-Sabco a annoncé lundi à ses salariés la mise en cessation de paiement de leur entreprise, qui emploie 340 personnes et dont dépend un millier d'emplois. La décision sur l'avenir de l'abattoir sera rendue le 30 septembre.

Lors d'un comité d'entreprise lundi au siège du groupe agroalimentaire à Guerlesquin (Finistère), le PDG, Daniel Sauvaget, a dit avoir été "contraint d'effectuer une déclaration de cessation de paiement" de l'abattoir "auprès du tribunal de commerce de Brest". Il sollicite toutefois auprès du tribunal de commerce de Brest  « une poursuite d'activité pour permettre l'émergence de projets de reprise les plus aboutis qui permettent de sauver le maximum d'emplois sur le site", a-t-il expliqué.

M. Sauvaget compte notamment sur le "soutien de son principal client saoudien, le groupe Abbar". "Je ne veux pas croire que ça signifie la fin de l'entreprise", a-t-il déclaré à la presse. "S'il n'y a pas de repreneur", ce sera "le scénario du pire", a-t-il ajouté.

Le tribunal, qui va placer l'entreprise en liquidation judiciaire, devra décider s'il accepte ou non d'accorder un délai supplémentaire à l'entreprise, qui n'a pas réussi à conduire à son terme le plan de continuation en cours.  "La décision du tribunal est mise en délibéré et nous aurons une réponse le 30 septembre", a indiqué, au terme de l’audience d’hier au tribunal de Brest, un délégué CGT de l'entreprise. Tilly-Sabco demande un délai "pour favoriser l'émergence d'un projet de reprise le plus abouti possible"

Un choc pour les salariés

Pour les salariés, l'annonce de la cessation de paiement a fait l'effet d'un choc, même s'ils la redoutaient en raison des difficultés de l'abattoir, qui tourne au ralenti depuis l'été. Les difficultés de Tilly-Sabco, dont 80% de la production était destinée au Moyen-Orient, principalement à la péninsule arabique, remontent à la suppression en 2013 des aides européennes à l'exportation pour les poulets congelés (les restitutions), qui soutenaient la filière à hauteur de 55 millions d'euros par an.

Les groupes français Doux et Tilly-Sabco étaient les derniers en Europe à recevoir ces subventions, qui leur permettaient de supporter le différentiel de compétitivité avec le Brésil, leur principal concurrent.  Le groupe Doux a connu des difficultés il y a deux ans mais a assuré début septembre "n'être plus vulnérable".  Le groupe "est rentable et suit son plan de continuation comme prévu", avait affirmé un porte-parole de l’entreprise.

Malgré les 15 millions d'euros dégagés par la France fin 2013 pour aider la filière, les difficultés de Tilly ont pris un tour critique cet été quand Nutréa (filiale de la coopérative bretonne Triskalia), principal fournisseur de poussins pour les éleveurs a cessé de les livrer faute d'assurances de paiement.

Finalement, Tilly-Sabco a pu maintenir une activité réduite en septembre grâce à l'apport de 450.000 poulets par semaine à l'abattoir, soit deux jours de travail hebdomadaires, selon le syndicat CGT.

 

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