L’élevage du futur vise une forte productivité avec zéro pollution

Armelle Puybasset - Réussir Aviculture Janvier-Février 2013

L’élevage du futur vise une forte productivité avec zéro pollution

Dans le cadre du plan de relance de la compétitivité de FranceAgriMer, un nouveau schéma de production a été défini pour la filière chair pour répondre à la fois aux enjeux économiques, environnementaux et sociétaux.

Le site d’élevage spécialisé compte trois poulaillers dynamiques de 1 800 m2. Il est géré par 1,5 UTH et intègre des équipements et des aménagements innovants, qui améliorent les impacts sur les animaux (bien-être, santé) sur l’environnement et les conditions de travail. Il valorise les effluents par la vente de compost et est économe en énergies fossiles… Voilà en quelques coups de crayon comment se dessine le schéma de production vers lequel il faudrait tendre pour que le maillon élevage en volaille standard puisse retrouver de la compétitivité. Elaboré par le groupe de travail « Bâtiment » du plan de relance sectorielle FranceAgriMer, ce concept a été récemment validé par la Confédération française de l’aviculture. « Il est issu d’un consensus et reste évolutif », a précisé Dylan Chevalier, de la chambre régionale des Pays de la Loire, lors de la journée Itavi volaille de chair.

Des investissements conséquents estimés à 355 euros par mètre carré

Le fait de multiplier par trois la taille moyenne actuelle de certains élevages de chair français permettrait de se rapprocher des modèles de production allemands et néerlandais qui nous concurrencent. L’objectif est de renforcer la professionnalisation des éleveurs par la spécialisation. Il est aussi question de maintenir l’attractivité du métier à travers une rémunération suffisante et une optimisation de l’organisation du travail.
Les producteurs peinent déjà à obtenir leurs autorisations d’exploiter dans un contexte réglementaire plus complexe que par le passé. « L’un des enjeux pour faire accepter ce schéma de production par la société sera de montrer que la filière a des solutions pour réduire son impact sur l’environnement, voire y contribuer positivement par la production d’énergie renouvelable (bâtiment BEPC +) », explique-t-il.
Sans surprise, ce modèle du futur sous-entend des investissements très conséquents. Ils ont été chiffrés à 1,9 million d’euros pour un site entièrement neuf : soit 355 €/m2 dont 200 € pour le bâtiment, 100 € pour les équipements innovants (sol bétonné isolé, récupérateurs de chaleur, éclairage naturel…), 35 € pour la chaudière à biomasse et 20 € pour le compostage du fumier. Le groupe de travail a réalisé une approche économique en comparant ce modèle d’élevage au schéma actuel de 2 800 m2 neufs (voir tableau). Le solde disponible est identique dans les deux cas, soit 9 €/m2/an. Pour le site de 5 400 m2, l’annuité plus élevée est compensée par l’amélioration de la marge poussin aliment, la vente de compost et la baisse des charges variables. Au final, le solde disponible par UTH est supérieur de 7 500 €/an grâce à une meilleure productivité du travail. Ces données seront confirmées par des suivis de fermes-pilotes, effectués en 2 012. « L’amélioration du résultat reste limitée en regard de l’importance des sommes investies », remarque un futur producteur présent dans la salle. « Ce genre d’investissement est plus envisageable pour un éleveur installé que pour un jeune », concède Jean-Michel Choquet, responsable professionnel. « Ce chiffrage est basé sur une hypothèse volontairement pessimiste car calculé sur du neuf, mais il devient beaucoup plus avantageux s’il valorise les installations existantes, notamment en spécialisant des bâtiments d’engraissement en dinde. » Maintenant que le modèle d’élevage est défini, l’objectif est de négocier un programme d’aide auprès des pouvoirs publics. « En plus de l’augmentation de la rentabilité par UTH, d’autres avantages sont à attendre sur la maîtrise des coûts logistiques, la qualité des produits, la reconquête de l’image de la production ou l’attractivité du métier », cite Dylan Chevalier. L’évolution de la taille des élevages ne pourra toutefois se faire sans une capacité des autres maillons (abattoirs, fabricants d’aliment, couvoirs…) à intégrer des lots plus importants et un bon niveau de rotation.

Relancer la compétitivité en amont comme en aval

Le maillon élevage n’est pas le seul à devoir agir pour relancer la compétitivité. « Au-delà de la simplification des gammes de produits, des gains seraient à attendre si l’on orientait davantage la production vers la performance du produit fini plutôt que sur le vif », conclut Dylan Chevalier. « Les attentes clients portent sur un calibre de 1,9 kg vif mais nos concurrents pénètrent nos marchés avec un poulet plus lourd (2,2 kg) et des IC plus faibles (1,6) avec les mêmes génétiques. Nous pourrions investir sur un aliment plus riche dont le surcoût pourrait être compensé par de meilleurs rendements produits. Discuter de ces freins majeurs au sein de la profession et avec les acteurs de l’aval, notamment la distribution, devient urgent. »

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 1

le dindonnier

Soyons un peu serieux!!
Il y a surement des améliorations a apporter à nos outils mais les chiffres annoncés sont abérants!!
5400 m² sur un meme site avac une station de compostage de son fumier c'est ingérable sanitairement
Dans l'étude il est annoncé une meilleure rentabilité de 10€/m² ans... on en reparlera
Mais le most c'est quand mème un niveau de charges variables+fixe a 15.5€/m² soit 2€ par lot de poulet!! Je veux bien qu'on fasse des économies de chauffage et de litière mais il reste quand même les postes vétérinaire,edf,ramassage,vaccination,assurance, entretien,telephone,comptabilité... et j'en passe
Bref comme toujours nos administratifs sont a coté de nos réalités économiques

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires