La bonne santé de la volaille de chair

Conseil National CERFRANCE POSTEC

La bonne santé de la volaille de chair

Dans un contexte de productions animales plutôt morose, la filière volailles, après avoir connu son lot de difficultés semble passer à travers les mailles du filet de la crise. Difficile néanmoins d’évacuer complètement les handicaps structurels de la filière française…

1 - Indicateurs clé

Indicateurs clé Arrêtées en juillet 2015, les données statistiques sont globalement bien orientées pour la production de volaille française. Toutes espèces confondues, les abattages sur 8 mois sont en hausse par rapport à la même période 2014, les achats des ménages sont stables et les échanges mieux orientés. La production de dindes reste toujours en grande difficulté tandis que les données en production de poulets sont nettement en hausse. 

Il faut cependant rappeler que l’année de référence 2014 a été marquée par l’arrêt des restitutions. La nette diminution des exportations pays tiers qui s’en est suivie a entraîné un recul de la production de poulets de 4 % sur 2014. 

L’année 2015 est donc celle d’un rééquilibrage de la production et devrait être celle d’un rétablissement des performances technico-économiques des élevages.

2 - Des perspectives encourageantes pour la viande de volaille. 

Les œufs, la volaille… : « des produits anti crise ? » 

Selon une étude récente1, les œufs, la volaille et le fromage, réputés bon marché, bénéficient, en cette période de crise économique, d’un regain de consommation : entre 2000 et 2013, les ménages français ont consommé + 3 % de volailles et + 14 % d’œufs, ces produits restant des produits animaux moins chers que la moyenne. 

Et ce, même si dans le même temps le prix de la volaille est celui qui a le plus augmenté. La volaille a conquis une place de choix dans le panier des consommateurs, la conservera-t-elle lorsque la conjoncture offrira des jours meilleurs pour le pouvoir d’achat des ménages ?

Des évolutions alimentaires favorables

Plus globalement, la viande de volaille est la viande dont les perspectives de croissance de la consommation dans le monde sont les plus positives. La FAO estime à 2,3 % le taux de croissance annuelle de la production de volailles sur la période 2013 à 2023 : cette progression ne serait que de 1,6 % toutes viandes confondues. La filière volaille deviendrait ainsi la première production de viande dans le monde, répondant notamment à l’évolution des préférences alimentaires. Reste donc à savoir quelle place l’Europe, et notamment la France, prendra dans l’essor de cette production : depuis 10 ans, l’Asie est à l’origine de plus de 40 % de l’augmentation de la production mondiale. 

La bonne santé de la volaille de chair

3 - Quelle compétitivité de la filière française ?

En 2014, les abattages de volailles dans l’Union Européenne ont été globalement en hausse de 3,8 % par rapport à 2013, avec des dynamiques très variables d’un pays à l’autre. On notera ainsi que la Pologne a conquis l’an dernier la première place en termes d’abattages de volaille, reléguant par là même la France et le Royaume-Uni au deuxième et troisième rang. Et alors que la fin d’année 2014 semblait marquer une rupture dans l’évolution du pourcentage des importations dans la consommation française, début 2015, nouvelle désillusion : les importations de viande de poulet sont à nouveau en progression. Plus de 40 % de la consommation française de poulet standard est importée et ce chiffre est encore amené à être revu à la hausse. 

Face à ce développement des importations et dans le contexte toujours fragile d’exportations vers les pays tiers, la filière française doit relever deux défis :

• Reconquérir son marché intérieur

• Redevenir performante à l’export : comment faire face à la concurrence des pays voisins dont les coûts de production sont moins élevés ?

Les handicaps de compétitivité relevés dans une récente étude présentée par l’ITAVI2 en septembre dernier s’expliquent à la fois par un environnement réglementaire plus contraignant que la norme européenne, des outils de production plus petits et vieillissants – des élevages aux abattoirs -, des relations entre les différents maillons de la chaîne et des investissements insuffisants.

L’encouragement à la rénovation et à la construction de nouveaux bâtiments et l’innovation seront certainement déterminants. Quant aux différents rapprochements en cours entre les grands acteurs de la production et de l’abattage permettront-ils de combler une partie de ces handicaps structurels ?

4 - La filière qualité en France

L’année 2014 a marqué une belle progression des volumes pour les filières label rouge et biologique avec respectivement +4 et +10 % en volaille de chair label rouge et biologique. Cette hausse a concerné toutes les espèces, sauf le canard, dont les mises en place reculaient sur l’année 2014. En volailles entières, la filière sous signe de qualité reste une valeur sûre et gage de plaisir. 61 % des poulets PAC achetés par les ménages français en 2014 étaient Label Rouge.

Bémol cependant, le label rouge et le bio ne représentent a contrario que 14 % des découpes alors que l’évolution des modes de consommation se porte de plus en plus sur la découpe de volaille.

Les opérations de communication et de marketing se multiplient pour maintenir un dynamisme des ventes. Ainsi, les 50 ans du Label Rouge sont une opportunité pour communiquer.

Source : CERFRANCE : Anne-Lucie Menier - veille économique agricole  - lettre n° 43 - 2015

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