La contractualisation amont-aval en danger : Indexer le prix en magasin sur le coût de l'aliment

Armelle Puybasset

La Confédération française de l'aviculture souhaite que l'État impose un index matières premières sur les prix de vente, pour éviter la remise en cause unilatérale des contrats d'approvisionnement par les industriels.

Les négociations tarifaires annuelles entre la grande distribution et les abattoirs se sont achevées le 28 février, mais n'ont pas permis de prendre en compte l'intégralité des hausses des coûts de production.
Depuis la flambée du cours des matières premières en juin 2010, le coût de l'aliment du poulet a augmenté de 46 %. Par ricochet, le prix du vif a augmenté de 25 % et le prix de revient sortie abattoir de 15 à 17 %. Les abattoirs sont parvenus à obtenir une hausse de 8 à 10 % mais les pourcents manquants pèsent lourdement sur les comptes d'exploitation des entreprises. « Si les éleveurs et les abattoirs n'arrivent pas à répercuter l'évolution de leurs charges dans leurs prix de vente, c'est toute la contractualisation de la filière qui va rapidement être remise en cause », craint la Confédération française de l'aviculture (CFA). « Les éleveurs n'accepteront pas d'être sacrifiés sur la table des négociations au nom du pouvoir d'achat du consommateur », s'insurge la CFA qui appelle les éleveurs à se mobiliser.
En volailles, près de 95 % de la production est contractualisée entre éleveurs, organisations de productions et entreprises d'abattage. Des discussions sont en cours pour remettre en cause les contrats. « Certains abattoirs sont en difficulté financière. En janvier-février, la majorité d'entre eux ont des résultats proches de zéro, voire négatifs, a alerté Gilles Huttepain, président de la Fédération des industries avicoles. Si les industriels ne parviennent pas à répercuter entièrement la hausse, il devient indispensable de demander l'aide du maillon production. Il en va de l'avenir de l'aviculture française. »

Depuis la flambée du cours des matières premières, le coût alimentaire des poulets a augmenté de 46 %. (A. Puybasset)

Depuis la flambée du cours des matières premières, le coût alimentaire des poulets a augmenté de 46 %. (A. Puybasset)

Les indices Itavi en référence

Pour sortir de cette situation, la CFA souhaite accélérer les discussions concernant la mise en place d'une indexation du prix des volailles au consommateur sur celui des matières premières. « Une proposition a été transmise fin mars aux pouvoirs publics », a expliqué Christian Marinov, directeur de la CFA. Appliqué en pied de facture, cet index orienterait à la hausse comme à la baisse le prix de vente des abattoirs à leurs acheteurs. « La formule d'indexation pourrait être calculée à partir des indices Itavi qui tiennent compte de l'évolution des coûts de production et principalement du coût alimentaire. »
Cette indexation, qui permettra tout au mieux d'atténuer la volatilité des cours des céréales et oléagineux, n'aura de sens que si elle est acceptée par la grande distribution. Ce qui n'est pas le cas pour l'instant.

Source Réussir Aviculture Avril 2011

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