La filière oeuf soutenue par les consommateurs

Pascal Le Douarin

La filière oeuf soutenue par les consommateurs
La filière oeufs demande aux enseignes de distribution d'assurer une part du soutien financier nécessaire à l'évolution vers le mode alternatif. - © Jean-Charles Gutner

Engagée dans la mutation des élevages vers l'oeuf alternatif, la filière française cherche à négocier un accompagnement financier avec les distributeurs.

Présenté en octobre 2016 par l'interprofession de l'oeuf (CNPO), le contrat sociétal d'avenir (CSA) vise à loger d'ici 2022 une poule sur deux en mode alternatif (codes 0, 1 ou 2), tout en accompagnant à effectif constant la transition des élevages de code 3 excédentaires. Soit au moins dix millions de places à reloger pour un coût estimé à 500 millions d'euros. Mais les annonces d'arrêt du code 3 s'accélèrent (Flunch à la mi-mai), sans tenir compte des contraintes pour leurs fournisseurs. Tous les éleveurs concernés ne pourront le faire aussi rapidement que demandé, d'autant que les banques sont réticentes à financer ces transformations, au vu des niveaux élevés d'endettement. Pour Philippe Juven, président du CNPO, « on a besoin d'être accompagné, d'avoir un coup de pouce ».

Faire contribuer la distribution pour 20 %

Ne souhaitant pas faire appel à des aides de l'État, le secteur se tourne vers les enseignes de distribution en leur demandant « d'aller jusqu'au bout de leur logique de réponse aux attentes des clients » et « d'assumer leur part de responsabilité dans cette évolution ». La filière souhaiterait leur soutien à hauteur de 100 millions d'euros. Pour mieux les convaincre, elle a fait réaliser une enquête consommateurs au mois de mars. 94 % approuvent son initiative de CSA et 79 % estiment que la GMS doit laisser un délai d'adaptation et apporter un soutien financier. De plus 87 % seraient prêts à donner dix centimes de plus par boîte de six oeufs et 74 % à payer plus cher pour des oeufs alternatifs. En plus de ces négociations, la filière avance sur la charte « pondu en France » et sur une vision partagée de l'élevage de demain en concertation avec des associations de consommateurs et de welfaristes.

Source Réussir Aviculture

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