Label rouge : Le syndicat Malvoisine prêt à évoluer

Pascal Le Douarin

Jean-Pierre Desprez, ex-dirigeant de l'abattoir « Les éleveurs de la Champagne », a pris la barre du syndicat Malvoisine juste avant le déclenchement de la crise économique en 2008. Pourtant le bilan économique de l'organisme de gestion est resté positif grâce à un abaissement des coûts. En dépit d'une nouvelle réduction des charges, le budget prévisionnel est négatif pour cette année. Ce bilan, présenté à l'assemblée générale de Saint-Omer, reflète la passe difficile que traversent les adhérents venus des quatre zones de production : Nord, Centre, Auvergne, Sud-Est. À 8,1 millions, le nombre total de mises en place recule de 6 % en 2008, tout comme les labellisations (5,7 millions).

Les volumes de la race Malvoisine (poulet, chapon, poularde)(1) continuent leur régression depuis 2001, passant de près de 5,8 millions à 3,4 millions (-20 % pour les poulets en 2008). La race Malvoisine représente 42 % des volumes de volailles du syndicat. Désormais, les poulets jaunes semblent avoir plus la cote (1,5 million de mises en place, +132 % sur un an), limitant ainsi le recul des poulets blancs. Les fermetures et les transferts d'abattoirs n'ont sans doute pas aidé (Doux Châtelet fermé pour Boynes et arrêt des Ets Joly), même si le Nord progresse (+ 1,3 % et 39 % du total mises en place).
La marque Malvoisine semble souffrir d'un manque de visibilité et de lisibilité, liée à la politique masquante des marques d'entreprises, qui plus est concurrentes, et d'une dispersion géographique des productions.

Jean-Pierre Desprez : « Notre credo est simple : rechercher constamment à abaisser le prix de revient du produit final sans altérer ses qualités. » (P. Le Douarin)

Jean-Pierre Desprez : « Notre credo est simple : rechercher constamment à abaisser le prix de revient du produit final sans altérer ses qualités. » (P. Le Douarin)

 

Faire savoir les qualités Malvoisine

Difficile dans ces conditions de fédérer et de communiquer. C'est sans doute pour cela qu'une plaquette explicative a été distribuée aux acteurs de la filière. « En communiquant chacun à notre niveau, c'est à nous tous d'être les premiers ambassadeurs de nos produits et de nos valeurs, a rappelé Jean-Pierre Desprez. Dans ce contexte, le président souhaite ouvrir l'ODG à d'autres volailles ou produits pour trouver un plus grand diviseur des coûts fixes. Pour lui, il est nécessaire de s'adapter. Les succès d'hier ne faisant pas ceux de demain, un nouveau modèle est à trouver.
Déjà, la sélection génétique Malvoisine a été orientée vers un léger gain de poids et une réduction d'indice. La nouvelle notice technique 2009 vise à plus de souplesse pour les opérateurs et à un abaissement des coûts. Le chantier à mener est vaste, avec des données nouvelles à intégrer, comme les OGM, le développement durable, ou la concentration des opérateurs.


(1) La race Malvoisine appartient au syndicat qui en a confié la gestion et la sélection à la Sasso.

Source Réussir Aviculture Juillet-Août 2009

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