Marché 2007 : Croissance en poulets et repli en dindes

Armelle Puybasset

Après la crise de l'influenza aviaire, le marché de la volaille de chair a connu un retour à la croissance de plus de 4 %. Les évolutions sont contrastées selon les espèces.

Après une année 2006 « plombée » par la crise de l'influenza aviaire, le marché français a retrouvé une certaine vigueur en 2007. Sur l'ensemble des filières, la production s'est redressée de 4,1 % atteignant 1,85 million de tonnes équivalent carcasse (tec). Elle reste cependant inférieure au niveau de 2005, dont le tonnage avait dépassé 1,91 million de tec. Ce pourcentage cache en réalité deux évolutions : une croissance de 10,6 % en poulets, de 5,7 % en canard et un repli de 7,2 % en dindes.

« La filière poulet a bénéficié d'une reprise de la demande des pays importateurs et a été dynamisée par l'augmentation rapide de la consommation française », analyse l'Office de l'élevage. Il est de plus probable qu'il y ait eu un report de consommation de la dinde vers le poulet, lié en partie, à un manque de disponibilité en viande de dindes (arrêts d'activité) et à une hausse relative de son prix d'achat. Les statistiques concernant les abattages de dindes montrent une chute d'activité encore plus marquée (- 11,2 %). Ce décrochage entre production et abattage s'expliquerait par la mise en place de courants d'exportations en vif, notamment vers l'Allemagne. Ces courants importants par leur volume semblent cependant avoir été limités dans le temps (dénonciation de contrats).

Le poulet tire son épingle du jeu

Les exportations ont regagné une bonne part des volumes perdus en 2006, suite aux embargos décrétés par les pays importateurs lors de la crise de l'influenza aviaire. Toutes espèces confondues, les exportations françaises de viande ont atteint 595 000 tec en 2007, soit une croissance de 4,5 % mais à un niveau qui reste en dessous de 2005 (- 14 %).
Là encore, l'évolution des échanges est contrastée selon les espèces et les destinations. Le volume des expéditions vers l'Union européenne est resté au même niveau que 2006.
Par contre, ceux de poulets et de canards ont augmenté (+ 12 % et + 25 % respectivement) au détriment de celui de dindes qui a une nouvelle fois chuté (- 23 %). « Les expéditions de poulets se sont notamment développées vers l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne, favorisées par des cours particulièrement élevés dans ces pays. » En dinde, les volumes d'exportations de viande vers les marchés habituels que sont l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Espagne continuent à s'éroder.

La consommation française de volailles a progressé de 5 % en 2007. (DR)

La consommation française de volailles a progressé de 5 % en 2007. (DR)

 

Hausse relative du prix de la volaille

Les exportations vers les pays tiers ont partiellement récupéré les volumes perdus en 2006. La reprise a concerné essentiellement le poulet entier congelé destiné au Moyen-Orient. À noter que les exportations de viandes de canards ont fortement augmenté, particulièrement vers l'Asie de l'Est.
Les importations françaises, après s'être stabilisées en 2006, ont à nouveau progressé de 20 % pour atteindre 342 000 tec. Ce retour à la croissance coïncide avec la mise en place au niveau européen de contingents d'importation à droit de douane réduit pour les viandes saumurées. Cette hausse concerne essentiellement les viandes et préparations de poulets. Le solde commercial de la France en viande de volaille a une nouvelle fois reculé pour s'établir à près de 253 000 tec en volume et près de 400 millions d'euros en valeur. La consommation de volailles calculée par bilan a nettement progressé en 2007 et retrouve son niveau du début des années 2000 avec 24,4 kg par habitant soit 5 % de croissance. Pourtant, celle de dinde a sévèrement chuté (- 6 %).

Les achats de dindes par les ménages ont très légèrement diminué. Il semble donc que cette baisse soit plutôt imputable au secteur de la restauration hors domicile. « Les prix de gros élevés ont pu inciter les opérateurs à se détourner vers le poulet. » Cela explique en partie que, pour ce dernier, la consommation ait augmenté de plus de 9 %.
Par ailleurs, l'année 2007 a été marquée par une hausse importante du prix des céréales dont l'impact sur le coût de production de la volaille de chair a été évalué à 14 %. Elle a été partiellement répercutée sur le prix de vente au détail (+ 4,6 % pour la volaille selon l'indice des prix à la consommation de l'Insee, tandis que dans le même temps le prix de l'ensemble des viandes a cru de 2,1 %).

Néanmoins, cette hausse rapide du prix de vente aux consommateurs présente le risque que ces derniers se détournent de la volaille au profit du porc.
Dans son analyse, l'Office de l'élevage estime que les tendances observées en 2007 vont se poursuivre en 2008. « La production de poulet devrait continuer à s'éroder, principalement sous l'effet de la perte continue de débouchés de la filière grand export, fortement concurrencée par le Brésil et l'Amérique du Nord. Dans le secteur de la dinde, en revanche, le déclin de la production pourrait être enrayé, voire inversé, à condition que les cours se maintiennent à un coût attractif. La consommation de volaille devrait marquer le pas en 2008, voire augmenter très légèrement. »

 

Source Réussir Aviculture Mars 2008

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires