Matières premières : La hausse des prix est impérative

Pascal Le Douarin

Pour faire face à des hausses d'aliment se comptant par dizaines d'euros la tonne, les opérateurs n'ont pas d'autre choix que de répercuter les augmentations.

Comment faire survivre son entreprise face à une augmentation forte et imprévue d'un intrant aussi indispensable que l'aliment, sachant que ni sa trésorerie, ni ses fonds propres n'ont la capacité de servir longtemps d'amortisseur ? Telle est LA question posée aux filières hors-sol. Une seule réponse fuse en aviculture : répercuter le prix à son client.
Du côté des fabricants d'aliment, les hausses ont été passées dès le mois d'août. Le syndicat national des accouveurs (SNA), affirme ne pas avoir d'autre choix que de répercuter immédiatement et intégralement les hausses. Concrètement depuis début octobre. C'est le même discours que tiennent les metteurs en marché finaux avec les distributeurs. Les organisations interprofessionnelles de la dinde (Cidef), du poulet classique (CIPC), du canard (Cicar) et de la pintade (CIP), ainsi que la CFA, les appuient. « Il ne peut être question pour aucun des maillons de la chaîne de production avicole d'absorber seul, toute ou partie de ces hausses, sans mettre en péril les filières et l'approvisionnement du consommateur », souligne un communiqué commun.

Les abattoirs essaient de répercuter la hausse des aliments pour éviter d'étrangler leurs fournisseurs de vif. (P. Le Douarin)

Les abattoirs essaient de répercuter la hausse des aliments pour éviter d'étrangler leurs fournisseurs de vif. (P. Le Douarin)

Refus de Michel-Édouard Leclerc

« La distribution doit aussi être partie prenante. » Au Space, Philippe Guillet, du groupe LDC, regrettait la fin de non-recevoir de Michel-Edouard Leclerc. Avec 17 % de parts de marché, son groupe de commerçants indépendants est leader de la grande distribution. Ce refus pèse lourd et influence les concurrents. Une difficulté supplémentaire réside dans l'absence de visibilité sur l'évolution des cours des matières. Les ajustements de prix risquent de se succéder… ou pas. La filière avicole va globalement y laisser des plumes, à cause d'une spéculation incontrôlable sur les matières premières et peut être d'une baisse de la consommation.

Source Réussir Aviculture Octobre 2010

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