Norvolailles en Normandie : Quinze nouveaux bâtiments en trois ans

Pascal Le Douarin

L'organisme de gestion cherche à faire bâtir une quinzaine de poulaillers de 400 m2 en Normandie pour sa production de volailles label rouge.

« En Normandie, 35 % des volailles fermières produites le sont par les producteurs affiliés à Norvolailles », assure Thomas Dutois, l'animateur de l'organisme de gestion label Norvolailles. « Mais ces éleveurs vieillissent avec leurs bâtiments », ajoutait-t-il lors des portes ouvertes du 2 octobre chez un jeune investisseur, Nicolas Pichot. Les éleveurs de plus de 40 ans représentent plus de 75 % des effectifs. Ceux de plus de 50 ans, plus de 25 %. Quant aux poulaillers, la moyenne des 240 bâtiments (96 000 m2) se situe à 15 ans, et 45 % du parc a entre 16 et 22 ans. Faute de surfaces d'élevage disponibles, il pourrait y avoir péril en la demeure. Ce n'est pas tout à fait le cas en Normandie, mais le groupement préfère anticiper.

4000 euros d'aide

Devant la difficulté à rénover ou à déplacer les poulaillers existants (règles amiante notamment), l'organisation vise le renouvellement du parc. Elle recherche une quinzaine de 400 m2 pour les trois années à venir. Chaque dossier se verra attribuer une aide à la construction de 4000 €, complétée ou non par les collectivités locales. La zone de production normande couvre trois régions administratives : Centre (Eure-et-Loire), Haute-Normandie (Eure) et Basse-Normandie (Orne). Et chacune mène sa politique agricole. Jean-Pierre Pichot et son fils Nicolas, exploitants à quelques kilomètres de Verneuil-sur-Avre, ont pu obtenir 10 600 € du Conseil général de l'Eure, au titre du soutien aux productions sous signes de qualité.

Régularité assurée

Pour séduire les investisseurs, Norvolailles met en avant la satisfaction de faire de la qualité, mais surtout la régularité du revenu et la sécurité des débouchés. C'est ce que vise Nicolas Pichot, 24 ans, qui est déjà installé depuis quatre ans avec son père. « Avec l'abattoir Labrouche de Verneuil-sur-Avre, j'ai le débouché à ma porte. Je connais bien cette production stable économiquement. Je ne vais pas gagner des fortunes, mais c'est sûr. » Après le doublement de la surface cultivée, passée de 90 à 200 hectares, l'atelier label déjà existant est passé de deux bâtiments (étable de 300 m2 aménagée en 1987 et 400 m2 en 1989) à trois en mars dernier. L'avenir du « petit » label rouge normand - à peine 3 % de la production nationale - est-il dégagé de tout nuage ? « Pas sûr, remarque en aparté Eric Morel, président de Norvolailles. Globalement, le marché national n'est plus en expansion, voire en décroissance de 3 à 4 %. Les discussions professionnelles sur une évolution des cahiers des charges, afin de réduire les coûts de productions, n'aboutissent pas. Or, le poulet bio de 70 jours produit en France pourrait arriver. » En résumé, ce produit ne sera-t-il pas, à plus ou moins long terme, relégué au rang de produit festif, ou consommé le week-end en famille ?

Source Réussir Aviculture Novembre 2009

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