Œufs : la France toujours en tête de la production européenne

Anne Sophie LESAGE

Œufs : la France toujours en tête de la production européenne

A l’occasion d’une conférence de presse, l’interprofession des œufs (CNPO) est revenue sur les chiffres de production et de consommation en hausse pour 2017. En présence du ministre de l’Agriculture, l’interprofession a également annoncé la création de son logo « œufs de France ».

L'œuf en chiffres

La France est le premier pays producteur d’œufs en Europe.

15 milliards d’œufs ont été produits en 2017 en France, 13,3 milliards en Espagne et 13,2 milliards en Allemagne.

La France est le deuxième pays producteur d’œufs bio et d’œufs plein air.

20 millions d’œufs sont achetés par jour en magasins en France dont 52% sont des œufs standards et 48% issus d'élevages alternatifs.

40% de la production française est concentrée en Bretagne, 13% en Pays-de-la-Loire, 11% en Auvergne-Rhône-Alpes, 10% dans les Hauts-de-France et 25% dans les autres régions. 

Les œufs sont consommés pour 50% en achat magasins, 39% en ovoproduits en RHD et industrie agroalimentaire, 7% en œufs coquille en RHD et enfin 4% en autoconsommation.

2017 a été une année de croissance pour les œufs français. En 2017, la consommation a augmenté de 5% pour atteindre 15 milliards d’œufs vendus. En effet, en raison de la « crise du fipronil », les consommateurs français et européens ont favorisé les œufs français. Pour répondre à cette demande, la production a augmenté de 4,3% par rapport à 2016, pour atteindre 15 milliards d’œufs, soit « 13% de la production européenne » précise François Cadudal du service économique de l’ITAVI1. Côté prix, cette forte demande a provoqué une augmentation du cours des œufs coquille 89% au plus fort de la crise, de fin août à début novembre. Pour 2018, même si sur les 14 premières semaines de l’année, le cours reste en hausse de 45,2% par rapport à l’année passée, il continuer de se rapprocher de la moyenne dans les semaines qui viennent.

Systèmes alternatifs

Avec une production en hausse en 2017, la France maintient sa place de premier producteur d’œufs de consommation en Europe. Elle occupe, en revanche, la seconde place pour la production d’œufs bio et d’œufs plein air. En France, 52% des œufs coquilles consommés sont des œufs standards et 48% sont en systèmes alternatifs à l’élevage en cage (bio, plein air, au sol, cage aménagée), un chiffre en progression. Le mode de production alternatif représentait en 2016, 33% des effectifs de poules pondeuses contre 18% en 2010. La part des élevages en cage est en baisse de 1,3% par an, quand le bio progresse de 10,5% chaque année. Les français consomment en moyenne 217 œufs par an et par habitant, la consommation la plus importante de l’UE. Parmi les critères de choix des français lorsqu’ils achètent des œufs figure, en premier le mode de production et en second, l’origine France. 

Œufs de France

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C’est en présence du ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, que l’interprofession des œufs, le CNPO2, a lancé son logo « œufs de France ». Grâce à sa déclinaison du logo de l’association des produits agricoles français, la filière garantira dès le mois de septembre 2018, des œufs « 100% made in France ». Pour le CNPO, ce logo garantira « une traçabilité complète depuis la naissance du poussin, jusqu’à l’emballage ou la transformation des œufs. » Pour avoir le logo « œufs de France », les œufs devront avoir été pondus sur le territoire national par des poules nées et élevées en France et conditionnées et/ou transformées en France s’il s’agit d’ovoproduits. En agriculture biologique, pour bénéficier du logo « œufs de France » les élevages seront soumis à une contrainte supplémentaire liée à la taille de l'exploitation. L'élevage ne devra pas excéder 12 000 poules pondeuses par bâtiments, soit 4 lots de 3 000 poules, pour un maximum de 2 bâtiments par exploitation.

Le CNPO veut mettre « la sécurité alimentaire au cœur de la démarche », pour cela il impose également que les animaux aient été nourris par des aliments certifiés Oqualim3ou reconnu équivalent, pour bénéficier du logo. Pour Ludovic Duriez, « ce qui est important c’est la démarche qualité. Certaines entreprises seront obligées de monter en gamme pour être au niveau. » L'apparition officielle dans les rayonnages aura lieu à l’automne 2018, mais compte tenu des stock et du temps nécessaire pour  créer de nouveau packaging, l’administrateur de l’interprofession espère que « entre 80% et 90% seront porteurs de ce logo au 2 janvier 2019 ».

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1. ITAVI : Institut technique de l’aviculture

2. CNPO : Comité national de la promotion de l’œuf

3. Oqualim : certifie les bonnes pratiques d’hygiène et des règles de traçabilité dans les usines de fabrication.

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