Pathologie respiratoire de la dinde : Les traitements contre Ornithobacterium rhinotracheale passés au crible

Pascal Le Douarin

Un futur vétérinaire a analysé les traitements contre la bactérie Ornithobacterium rhinotracheale, responsable de toux et de ténosynovite chez la dinde, et de pertes économiques.

Dans le cadre de sa thèse de docteur vétérinaire(1), Nicolas Viloux avait pour mission d'améliorer les connaissances sur la bactérie Ornithobacterium rhinotracheale (ORT). Les praticiens des laboratoires d'analyses biologiques butent sur deux obstacles. D'abord, la technique de l'antibiogramme utilisée pour déterminer la sensibilité aux antibiotiques n'est pas reproductible d'un laboratoire à un autre (faute de standardisation). De plus, les diamètres critiques définissant la catégorie clinique de la bactérie ne sont pas adaptés à sa croissance lente. L'étudiant vétérinaire devait déterminer la sensibilité de la bactérie à deux antibiotiques de la famille des cyclines (tétracycline et doxycycline).

Taux de réussite variable

À l'issue de son étude, il a proposé de fixer de nouveaux diamètres critiques inférieur et supérieur pour la tétracycline : 20 mm (au lieu de 17 mm) et 23 mm (au lieu de 19 mm). Concernant la doxycycline, ses travaux corroborent les diamètres actuellement utilisés (16 et 19 mm).
L'autre mission assignée était d'analyser rétrospectivement la pertinence des thérapeutiques mises en oeuvre contre la bactérie. Il a réexaminé les pratiques de traitement sur 281 cas cliniques d'ORT, avec ou sans pathogène associé (colibacille, riemerella). Il les a classés en neuf stratégies de soins, variant selon les antibiotiques employés, leur nombre et selon la cible visée (ORT seul et/ou les germes associés). Les lots dont le diamètre d'inhibition était supérieur au nouveau diamètre critique supérieur qu'il a proposé pour la tétracycline, ont donné une meilleure réponse au traitement. Il ressort que 16,5 % des lots ont fait au moins une récidive. Nicolas Viloux a aussi observé un effet molécule sur la réussite du traitement. Ceux avec la tilmicosine réussissent mieux que ceux avec la tylosine ou l'oxytétracycline (OTC), cette dernière aboutissant au plus fort taux d'échec (40 %).

En règle générale, la tylosine est prescrite quand l'ORT est résistant aux autres molécules (OTC, doxycycline, tilmicosine). Pendant cette période, très peu de traitements ont été réalisés avec la doxycycline. La tilmicosine est utilisée pour les cas moins graves que ceux pour lesquels la tylosine est prescrite, pour une question de coût et d'antibiosensibilité.

Hypothèse renforcée

Enfin, Nicolas Voloux n'a pas observé de différence de réponse entre les lots traités aux tétracyclines spécifiquement ciblées contre Ornithobacterium rhinotracheale et ceux non traités. Il en est de même entre ceux traités spécifiquement ORT et ceux traités contre les infections colibacillaires. Nicolas Viloux conclut que l'hypothèse d'une variation de la pathogénicité selon la souche d'ORT rencontrée en sort renforcée. Certaines souches seraient des agents pathogènes primaires et d'autres des opportunistes qui se développeraient secondairement, ce qui expliquerait que le traitement associé peut suffire dans certains cas. Il reste donc à affiner les connaissances.

(1) Réalisée au sein du cabinet Selvet Conseil et présentée fin 2007

Source Réussir Aviculture Janvier-Février 2010

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