Pertes de marchés : L'industrie avicole en panne de solutions de rebond

Pascal Le Douarin

L'assemblée générale de la Fédération des Industries avicoles de fin juin a mis en avant les sources d'inquiétude des industriels français.

Depuis des mois, l'industrie avicole française se fait voler dans les plumes. Elle est
fortement chahutée et la tendance semble s'amplifier. Les faits sont là. Quand la
consommation des produits avicoles ne baisse pas, comme c'est le cas pour les viandes
transformées, c'est pour mieux laisser la part belle aux minerais importés, de plus en plus
du Brésil. Aujourd'hui, 24 % de la consommation française est importée (350 000 tonnes).
Quant aux volailles « secondaires » non concurrencées par les imports, elles souffrent
d'une certaine désaffection des consommateurs, à l'exception du canard. Tous les
indicateurs économiques des échanges sont dans le rouge, résumait le délégué général de
la FIA, André Lepeule, courbes à l'appui.

L'industrie avicole est à un moment charnière de son histoire. (A. Puybasset)

L'industrie avicole est à un moment charnière de son histoire. (A. Puybasset)

Des questions sans réponse

Le président de la FIA, Alain Melot, a constaté que l'industrie avicole était à un moment
charnière de son histoire et qu'un seuil critique avait été atteint.
Mais que faire ? L'absence de débat n'a pas permis aux principaux industriels français de
s'exprimer. Sur le papier, la réponse coule de source : défendre la volaille française et
augmenter la compétitivité des entreprises. Mais dans les faits, comment faire ? Lever
l'interdiction d'importer des végétaux issus d'OGM, permettre le réemploi des farines
animales, obliger à indiquer l'origine des viandes sur les produits avicoles frais et
transformés, barrer la route aux poulets chlorés, limiter les importations en Europe, obliger
les États-Unis à importer des produits brésiliens. Beaucoup de pistes mais peu de
réponses positives à attendre.


En tout état de cause, deux questions de fond se posent : jusqu'à quand les industriels
français pourront-ils incorporer des volailles fraîches françaises pour fabriquer leurs
produits élaborés ? Quelle est la « recette » pour reconquérir des marchés d'exportations
perdus, notamment au profit des Brésiliens ? En attendant, la FIA a rappelé que la
communication générique sur la volaille sera reconduite en mars 2009. Enfin, la loi de
modernisation de l'économie sera-t-elle en mesure de permettre une baisse des prix aux
consommateurs, sans nuire aux fournisseurs ? Là encore, le doute plane. Seule certitude :
il restera de la production de frais de proximité, mais pour combien de producteurs et
d'opérateurs ?

Source Réussir Aviculture Septembre 2008

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