Plan de sauvegarde et de revitalisation du secteur de la dinde : Le Cidef veut insuffler un nouvel élan à la filière française

Armelle Puybasset

Le Cidef compte mobiliser l'ensemble des acteurs pour définir de nouveaux schémas de production et retrouver de la compétitivité.

L'interprofession de la dinde compte bien « arrêter l'hémorragie » et semble plus que jamais déterminée à rebondir. Elle annonce la mise en place d'un plan de sauvegarde et de revitalisation. « L'objectif est d'améliorer la compétitivité de la filière aussi bien en amont qu'en aval, de maintenir le potentiel de production et d'attirer de nouveaux éleveurs », explique Dylan Chevalier, de la chambre régionale d'agriculture des Pays de la Loire, qui coordonne le projet en étroite collaboration avec Gilles Le Pottier, délégué général du Cidef, et Jean Champagne, directeur-adjoint de l'Itavi.

Stratégie compétitive et durable

La démarche vise à agir sur les leviers qui handicapent la compétitivité du système français à tous les niveaux de la filière. Sur le plan technico-économique, avec des réflexions sur le choix des souches, la rationalisation de la production et de l'abattage au sens large, la simplification de certaines gammes de produits… Et au niveau politique, pour lutter contre les distorsions de concurrence, soutenir la filière française et ses emplois.

 

Large concertation

La démarche vise à agir sur les leviers qui handicapent la compétitivité du système français à tous les niveaux de la filière. Sur le plan technico-économique, avec des réflexions sur le choix des souches, la rationalisation de la production et de l'abattage au sens large, la simplification de certaines gammes de produits… Et au niveau politique, pour lutter contre les distorsions de concurrence, soutenir la filière française et ses emplois.
Sur le maillon élevage, le projet porte principalement sur la modélisation de nouveaux schémas avec des itinéraires techniques qui permettent de mieux valoriser les potentiels de production de souches de plus en plus lourdes, et qui favorisent les économies d'échelle. On s'oriente globalement vers des exploitations plus grandes.

Large concertation

« On peut augmenter la productivité et le degré de spécialisation, et mieux maîtriser nos charges, mais sans forcément renon-cer à la mixité ou entrer dans des schémas ultraproductrivistes, comme on le voit dans d'autres pays producteurs avec des tailles de plus de 10 000 m2, tempère Dylan Chevalier. Il ne s'agit pas non plus de se calquer sur le modèle de fonctionnement allemand, mais à partir d'une stratégie produit définie par les acteurs de l'aval, de tester des scénarii de production en tenant compte de notre savoir-faire, de nos spécificités et de notre culture. » Pour cela, un comité de pilotage a été constitué(1). Un colloque de travail sera organisé à l'automne pour travailler sur les leviers de compétitivité, permettre aux familles professionnelles et économiques d'échanger pour constituer la nouvelle stratégie de filière. Ce sera le point de départ concret de nouveaux tests sur le terrain. Il donnera la feuille de route aux partenaires techniques et scientifiques impliqués. Le dépôt d'un projet pluriannuel Casdar(2) est envisagé pour obtenir des financements sur la partie Recherche et développement. En attendant, Dylan Chevalier recueille les attentes et les problématiques de chaque maillon : d'abord les voies stratégiques souhaitées par l'aval (abatteurs, transformateurs) en lien avec le marché, puis les sélectionneurs-accouveurs, les organisations de production, les éleveurs, les fabricants d'aliment, les équipementiers… Les rencontres s'achèveront fin septembre. « Les solutions viendront du terrain », souligne Dylan Chevalier, qui précise que les orientations seront données par les acteurs économiques et professionnels. « Quoi qu'il en soit, un point trimestriel d'actualité sera fait. »

Validation sur le terrain

Les réflexions de toutes ces rencontres seront synthétisées en fin d'année. Elles aboutiront à la définition de plusieurs scénarii d'élevage : bâtiment polyvalent contre bâtiment spécialisé, intérêt du démarrage en double densité et de la spécialisation des bâtiments par stade physiologique (démarrage et engraissement), sur un ou plusieurs sites… Les points étudiés porteront également sur le type de souche, la qualité de l'eau, l'entretien des litières, la gestion des températures d'ambiance, la maîtrise de l'énergie, les programmes lumineux… Les itinéraires techniques alternatifs seront validés par des essais réalisés en élevage de 2012 à 2014.
Il s'agira de montrer leur intérêt technico-économique pour le producteur comme pour l'abattoir. Les mesures enregistrées lors des essais (IC, mortalité, consommation d'eau et d'aliment, rendement carcasse, taux de saisies) permettront de compléter et réactualiser le guide technique d'élevage du Cidef. Il s'agit également de réaliser une étude prévisionnelle type, précisant les niveaux de rentabilité attendus avec un bâtiment neuf ou en cas de rénovation. « L'objectif est avant tout de susciter de nouveaux investissements et de permettre aux jeunes éleveurs de s'installer dans les meilleures conditions, rappelle Dylan Chevalier, mais également de sensibiliser les politiques et financeurs aux enjeux de la filière dinde, et d'une manière plus générale de notre filière avicole pour laquelle une réflexion globale doit également être initiée. »

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Aviculture de juin 2011. RA n°167 p. 10 à 19.


(1) Composé des familles du Cidef (CFA, FIA, Sna, Snia, Coop de France…) et de partenaires scientifiques ou techniques (Itavi, Inra, chambres d'agriculture de Bretagne et des Pays de la Loire, SNGTV…).
(2) Compte d'affectation spécial développement agricole et rural.

Source Réussir Aviculture Juin 2011

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires