Prospective : La filière chair des Pays de la Loire est armée pour 2025

Véronique Bargain

Réunis par le Comité régional avicole (Cravi), des acteurs de l'accouvage, de la production et de la transformation ont débattu des atouts de la filière chair des Pays de la Loire.

En 2025, la filière avicole des Pays de la Loire continuera à peser dans le paysage européen. Face à la consommation, une des composantes majeures de l'évolution de la filière selon l'étude prospective Inra-Itavi, la région est déjà bien positionnée. La diversité de ses productions (poulet, dinde, canard, caille, standard, label, bio…) et la présence d'opérateurs impliqués dans la transformation (groupes LDC et Gastronome, premier et deuxième opérateurs en France) font qu'elle peut répondre aux différentes attentes des consommateurs. « En 2009, notre activité en poulet standard a augmenté de 10 %, le label s'est stabilisé et les produits élaborés, après avoir baissé en 2008, ont repris leur essor », indique Erwan Pencalet, chef du groupe marketing de Gastronome. Le savoir-faire régional reconnu en label est également un atout en termes de différenciation des produits, de qualité, de sécurité alimentaire et de citoyenneté. « Son prix est certes une faiblesse dans un contexte de crise, admet Bruno Mousset, directeur opérationnel du pôle amont de LDC. Mais il est possible de gagner en compétitivité en faisant évoluer son cahier des charges, tout en veillant à préserver le goût et la qualité qui le différencient. »
La fabrication de produits élaborés peut également être un atout pour la production régionale, si l'on va vers l'indication de l'origine des produits crus et cuits.

Ici l'atelier découpe Gastronome de Nueil-les-Aubiers. La région Pays de Loire compte des opérateurs amont et aval dynamiques et des élevages en voie de remise à niveau. (P. Le Douarin)

Ici l'atelier découpe Gastronome de Nueil-les-Aubiers. La région Pays de Loire compte des opérateurs amont et aval dynamiques et des élevages en voie de remise à niveau. (P. Le Douarin)

Présence de grands groupes

En matière de structuration, les Pays de la Loire ont des points forts, avec la présence de grands groupes dans les différents maillons de la filière : le groupe Grimaud Frères, un des trois sélectionneurs mondiaux en poulet ; Grelier, premier accouveur français avec 80 millions d'oeufs par an ; LDC, Gastronome et Doux, les trois principaux groupes volaillers en France. « La densité des élevages est un facteur de compétitivité car elle limite les coûts de transport », souligne Philippe Jehan, aviculteur et président de la section avicole de la FDSEA de Mayenne. Mais c'est aussi un handicap sur le plan environnemental.
Des restructurations ont déjà été réalisées. Certains acteurs sont déjà présents dans plusieurs pays d'Europe, notamment à l'Est où l'aviculture continue à se développer (Grelier en Pologne et en Russie, LDC en Pologne). D'autres évolutions pourraient se profiler : développement de Gastronome, restructurations dans l'accouvage… Et même s'ils peuvent encore se renforcer, les groupes ligériens s'estiment déjà assez solides pour résister à la pression de groupes étrangers.
Autre facteur essentiel, l'innovation. « Il y a trois ans, Grelier a investi dans une ferme expérimentale en reproductrices dindes, indique Alain Noël, directeur de Grelier Accouvage. Nous travaillons aussi à l'amélioration des flux logistiques pour abaisser les coûts de transport. »
Au niveau de la production, la prise en compte des attentes sociétales en matière d'environnement est une réalité, au sein des systèmes label, bio, certifiés ou encore dans l'Agriculture écologiquement intensive développée par Terrena ou dans l'objectif de LDC de réduire de 20 % la consommation de gaz et d'électricité de son parc d'élevages. L'innovation produit et l'innovation technologique restent des axes forts des groupes ligériens. « Les regroupements permettent de mettre en commun les moyens de recherche et développement, qui coûtent chers », souligne Bruno Mousset.

Etre plus présent à Bruxelles

Enfin, quelle que soit l'évolution des politiques publiques internationales, communautaires et françaises, la filière a des atouts pour résister. Peu dépendante de l'export, avec une diversité de productions, une orientation qualité et un bon positionnement en matière de développement durable, elle devrait pouvoir s'en sortir, que les politiques s'orientent vers une mondialisation renforcée, vers la préférence communautaire ou vers l'environnement et le bien-être animal. Par contre, tous s'accordent sur le fait que les mêmes règles devraient être appliquées dans tous les pays d'Europe et pour les produits de pays tiers (Brésil, USA…) arrivant en France. « Pour cela, ont-ils souligné, il faudrait être plus présent à Bruxelles et davantage agir en préventif.»

Source Réussir Aviculture Juin 2010

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