Quel 400 m2 choisir pour le label rouge ?

Pascal Le Douarin - Réussir Aviculture Décembre 2012

Quel 400 m2 choisir  pour le label rouge ?
La décision finale du choix de bâtiment volaille label rouge relève souvent autant de l’organisation de production que de l’éleveur. © P. Le Douarin

Choisir un bâtiment label rouge est l’aboutissement d’une réflexion combinant souci de rentabilité, stratégie de l’organisation de production et offres des constructeurs, sur fond d’attentes sociétales et de cadre réglementaire.

Pour en savoir plus

Quel 400 m2 choisir  pour le label rouge ?

Voir dossier de Réussir Aviculture de décembre 2012. R. Aviculture n°182, p. 12 à 21.

maginé à la fin des années 1950, en réaction au modèle d’élevage « industriel » venu des États-Unis, le concept d’élevage de volailles de qualité s’est concrétisé en 1965 avec la mise en place du premier label rouge dans le Sud-Ouest. Les volailles étaient élevées dans des cabanes déplaçables en bois et « faites maison ». Presque cinquante ans plus tard, si les valeurs du label rouge restent inchangées, les conditions d’élevage ont, elles, bien évolué. Selon le recensement avicole de 2008, on comptait encore 8 500 bâtiments de moins de 100 m2 sur les 19 000 comptabilisés dans 6 000 élevages, représentant 10 % des capacités de production. La catégorie des 400-600 m2 comptait 7 400 unités avec 70 % des capacités. Le 400 m2 est donc devenu la référence incontestable.

Au moins dix fabricants potentiels

Oui, mais quel 400 m2 construire ? Les éleveurs de volailles label rouge ont le choix entre au moins dix fabricants potentiels : Barre, C-lines, Coquelin, Deniau, Dugué, Filclair, Griffon, Le Triangle, MEF, Migafrance, Sacba, Sérupa-Mafrel, Socma-BSE (liste non exhaustive)… qui ne proposent pas les mêmes solutions techniques.
L’élément déclencheur et déterminant du choix est d’abord la capacité de l’éleveur à supporter l’investissement et à dégager un revenu de son travail.
Ces quelques chiffres le rappellent. L’enquête annuelle 2010-2011 des chambres d’agriculture de l’Ouest estime qu’un bâtiment coûte en moyenne 76 000 euros (190 €/m2). Rapporté au mètre carré construit, ce prix moyen diffère peu de celui des élevages industriels de plus grande capacité, alors que la production de volaille rapportée au mètre carré y est bien inférieure. Selon l’enquête, la marge poussin-aliment annuelle se situe à 42,24 euros par mètre carré et la marge brute à 31,40 euros. Avec 100 % empruntés sur dix ans au taux de 4 %, l’annuité liée au remboursement atteint 23,40 euros par mètre carré. Après déduction de l’annuité et des autres charges fixes, il reste un solde disponible pour le revenu de -0,60 euros par mètre carré en moyenne et de +3,60 euros pour les 50 % meilleurs élevages.
À l’évidence, l’équilibre économique est difficile à atteindre les dix premières années, à moins d’accroître la rémunération (influence de l’organisation label rouge) ou encore de diminuer l’annuité (allongement du remboursement à douze ou quinze ans, baisse de l’investissement).
Les organisations de production en ont conscience, mais n’agissent pas de la même façon. En Sarthe, Loué ne veut pas transiger sur la qualité. Le bâtiment « deux-pentes » haut de gamme à charpente métallique et lanterneau est vu comme un capital qui se bonifie. Mais il en coûte aux alentours de 80 000 euros. Ailleurs, on cherche plutôt le meilleur rapport qualité/prix. « Nous faisons des volailles en mode extensif, rappelle Paul Daugreuilh, de la coopérative Terres du Sud. Ce n’est peut-être pas la peine de surinvestir. »
Des constructeurs se sont adaptés à ces demandes. C’est le cas du tunnel à pieds droits, appelé aussi « demi-lune » par l’entreprise Le Triangle, et du « deux-pentes » Migafrance choisi par les Fermiers de Janzé et par Maïsadour. Ils ont simplifié la conception, adapté des matériaux industriels (panneaux, profils…), réduit leurs coûts de fabrication. Certains proposent la vente en kit. Au bout du compte, l’éleveur peut économiser 10 à 15 000 euros pour une structure à la longévité encore inconnue.
Une troisième voie commence à peine à être explorée : l’emploi de matériaux de construction ou de méthodes moins impactants pour l’environnement. Pour le moment, ce n’est pas rentable. Qu’en sera t-il dans vingt ans ? Pour continuer à coller aux attentes sociétales, la filière label rouge a tout intérêt à expérimenter ces pistes « écologiques » et « durables », comme ce qui est testé dans le Gers et la Drôme. Quand on fait du label rouge, il ne faut pas faire les choses à moitié.

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