Réintroduction des protéines animales : le débat se poursuit

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Réintroduction des protéines animales : le débat se poursuit
L'alimentation des porcs pourrait comporter des farines de volailles

Le Conseil national de l'alimentation (CNA) publie les mesures qui pourraient faciliter la réintroduction des protéines animales dans l'alimentation du bétail, mesures refusées par le gouvernement.

Dans cet avis, le CNA rappelle que les protéines animales transformées (PAT) concernées seraient issues de porcs, volailles et poissons et ne proviendraient que d'animaux sains. "Il est impératif de faire la différence entre les PAT (...) issues de produits sains et les ‘farines animales’ qui incorporent notamment des cadavres d'animaux et qui sont interdites dans l'Union européenne, souligne le CNA dans son communique.

Pas de cannibalisme

Le CNA rappelle que l'UE interdit les PAT dans l'alimentation des ruminants ainsi que le "cannibalisme" intra espèce. Autrement dit, la volaille ne sera pas nourrie par de la farine de volaille, mais en l'occurrence de porc. 

Le CNA prend également en compte "l'intérêt éventuel" économique et environnemental des PAT mais souhaite une évaluation "plus en détail". Il souligne "les réticences actuelles des consommateurs et de certains acteurs économiques » et appelle à "un dialogue avec les consommateurs sur la nature et l'usage des PAT ».

La réflexion devra notamment porter  sur la mise en marché actuelle, en France et en Europe, de produits importés de pays tiers issus d'animaux qui ne sont pas soumis aux mêmes exigences".

Bruno Le Maire toujours opposé

Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a répété son opposition à ce retour : "Tant que je serai ministre de l’Agriculture, les farines animales ne seront pas réintroduites en France. J’en prends l’engagement", explique le ministre dans un communiqué.

Dans un rapport préliminaire publié en juin, le CNA envisageait une réintroduction en deux temps des farines animales en France. L'avis de cette instance consultative des ministères avait déjà suscité une levée de bouclier.

La Commission européenne a entamé, en juillet 2010, une réflexion pour assouplir l’interdiction des farines animales dans l’alimentation des animaux. Interdiction en vigueur depuis dix ans pour lutter contre l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) .

L’Anses avait été saisie pour évaluer les implications sanitaires d’une telle décision. L’Agence avait estimé que l’étanchéité des filières n’était pas garantie et avait souligné l’absence de test fiable permettant de déterminer l’espèce d’origine des PAT. Dans ce contexte, elle suggérait de maintenir l’interdiction de ces protéines.

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