Relations commerciales avec la Russie : Des abattoirs du monde entier retirés de la liste des fournisseurs

Pascal Le Douarin

Les autorités sanitaires russes inspectent leurs fournisseurs de viandes et retirent les agréments d'exportation dans tous les pays du monde, dont la France.

Depuis le 1er février, des abattoirs et ateliers de découpe français (quatorze, toutes viandes confondues) ne peuvent plus exporter leurs produits vers la Russie. Ils faisaient partie des 24 établissements visités en décembre dernier par des inspecteurs sanitaires russes. Raisons invoquées : non conformité aux critères demandés, notamment le niveau de tolérance zéro vis-à-vis des résidus de médicaments ou de pesticides.
La France n'est pas un cas à part. Presque tous les continents sont touchés : Europe (Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Ukraine, Biélorussie), Amériques (Canada, États-Unis, Brésil, Uruguay), Australie… Difficile de ne pas faire le lien avec la volonté russe de protéger son marché intérieur par des quotas d'importation et des surtaxes. D'autant que la crise frappe. Cette année, la croissance du secteur avicole ne devrait être que de 12 %, contre 18 % précédemment. À moyen terme, l'objectif russe est d'être presque autosuffisant (à 80 %). D'ailleurs, Aleksey Gordeev, le ministre de l'Agriculture, n'exclut pas d'imposer des quotas de production dans trois ans pour éviter la surproduction en volaille (cas actuellement dans l'oeuf).

Préparation d'un plan d'action

Le marché russe est un débouché important pour certains opérateurs français. Selon un recensement réalisé en janvier, 701 exportateurs ont travaillé avec la Russie en 2007 et/ou 2008 (270 millions d'euros d'activité cette année), dont 88 en produits avicoles (et pour environ 65 millions d'euros). Les autorités françaises (DGAL, FranceAgriMer) et les professionnels (Fédération des industries avicoles, Syndicat national du commerce du porc, Inaporc) travaillent ensemble pour préparer une réponse globale, afin de répondre aux critères microbiologiques, environnementaux et médicamenteux exigés. Il s'agit d'éviter une généralisation du délistage. Ce n'est pas facile. Ainsi, il est difficile d'obtenir l'intégralité de la réglementation russe en vigueur. Et, selon la FIA, au 25 février seulement deux des entreprises délistées avaient reçu le rapport détaillé des infractions qui leur sont reprochées. Elles doivent elles aussi répondre individuellement aux critiques. Seul signe de détente, la date butoir de réponse de la France a été repoussée au 1er avril.

Source Réussir Aviculture Mars 2009

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