Relier exigences réglementaires et acte citoyen

Céline Joly

Les responsables des filières cunicoles et avicoles présents à la tribune du congrès de la CFA.
Les responsables des filières cunicoles et avicoles présents à la tribune du congrès de la CFA.

Réunis en congrès à Orvault en Loire-Atlantique, l’ensemble des aviculteurs et des cuniculteurs de France a débattu longuement des nouvelles contraintes environnementales et de la restauration hors foyer.

La mise en œuvre du 5e programme directive nitrate a suscité de nombreux échanges entre les congressistes. Le changement de classification des fumiers de volailles de type 1 en type 2 engendre une réduction des périodes d’épandage et va donc obliger les éleveurs à repenser la gestion de leurs effluents. À cela s’ajoute l’interdiction de stocker directement au champ des fumiers restés moins de 2 mois sous les animaux. Ces 2 nouvelles règles, identifiées parmi bien d’autres, vont impacter une fois de plus les trésoreries des exploitations. En effet, pour y répondre, des investissements vont devoir être réalisés comme des plateformes ou encore des stations de compostage.
« Le cumul et l’évolution permanente des réglementations environnementales doivent cesser. Il n’y a aucune logique économique et encore moins agronomique. C’est l’un des freins à notre compétitivité », expose Isabelle Leballeur, secrétaire générale de la CFA.
En lien avec cet empilement administratif et réglementaire, l’agacement des éleveurs du réseau de la CFA a été exprimé vis-à-vis de la restauration hors foyer : on sait que 1 poulet sur 4 consommés en France est importé et que ce taux monte à 80 % pour la viande de volaille servis dans les établissements de la restauration hors foyer !

Ces chiffres ne peuvent perdurer. Les élus territoriaux doivent imposer un approvisionnement « patriote » des cantines d’établissements scolaires, hospitaliers… Ils sont donc responsables de l’origine des produits servis dans ces établissements. « Nos élus doivent montrer l’exemple en exigeant que les produits cuisinés dans les cantines doivent être d’origine française. Comment expliquer qu’il est possible de servir un repas par semaine élaboré à partir de produits bios et de ne pas tenir compte de l’origine des produits pour les autres repas ? » s’interroge un congressiste.
« La société ne reconnaît pas que l’agriculture conventionnelle lui est utile dans bien des domaines, alors faisons le lui comprendre en appelant par exemple au boycott de l’épandage des boues de station d’épuration sur les terres agricoles. Il devient impératif que les citoyens également consommateurs, assimilent que leurs exigences environnementales, sanitaires et bien-être sont lourdes et onéreuses pour les éleveurs. La moindre des choses serait qu’ils retiennent comme principal critère d’achat, l’origine du produit », déclare Christophe Labour, responsable avicole de la FRSEA Pays de la Loire.
Les membres du bureau de la CFA ont écouté ces revendications. Le travail est déjà engagé sur les différents sujets environnementaux, sur la directive nitrates mais aussi sur l’évolution des seuils installations classées. Sur l’affichage de l’origine des viandes, des rencontres se sont tenues avec le ministère de l’Agriculture. En parallèle, des actions sont menées en département auprès de la restauration collective, de la grande distribution mais également des entreprises d’abattage transformation. « C’est un travail de longue haleine mais si nous œuvrons tous ensemble, nous avons la capacité d’y arriver » conclut Isabelle Leballeur.

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires