Résultats de la 28e enquête avicole 2008-2009 : Des évolutions de marges positives en volaille de chair

Pascal Le Douarin

Après une année 2007-2008 marquée par le redressement des marges brutes, la période 2008-2009 est plus nuancée, avec des gagnants en volailles « secondaires » et des perdants pour certains types de poulets.

Les résultats de l'enquête avicole réalisée par les chambres d'agriculture du Grand Ouest auprès de 664 aviculteurs de 22 départements, représentant 1,1 million de mètres carrés et près de 5 000 lots, ont été dévoilés fin novembre. Ils confirment que la tendance à l'amélioration annuelle des résultats économiques des élevages de volailles de chair s'est plus ou moins confirmée sur la période allant de juillet 2008 à fin juin 2009.

L'enquête décèle un frémissement des nouvelles constructions et 30 % des poulaillers ont peu ou prou été rénovés en 2008-2009. (P. Le Douarin)

L'enquête décèle un frémissement des nouvelles constructions et 30 % des poulaillers ont peu ou prou été rénovés en 2008-2009. (P. Le Douarin)

La pintade fait un bond

Les productions qui continuent à progresser économiquement sont le canard (n° 1 en marge brute), la dinde (n° 7 sur 13), les poulets sous signes de qualité (certifié n° 9, label rouge n° 5) et la pintade qui fait un surprenant bond de marge brute de 21 % (n° 11). Quant au poulet, il a vécu une évolution contrastée. Sur les marchés export, le type classique (pour Doux) performe très bien (n° 2) alors que le type JA plafonne (dernier en marge brute). En standard, c'est le contraire qui s'est produit : le classique a reculé (n° 8) tandis que le JA (n°12) continue à progresser. Quant aux poulets de plus de 2,1 kg, le « très lourd » (plus de 2,8 kg) progresse et se démarque (n° 3) des « lourds » qui reculent assez fortement (sexé n° 6 et non sexé n°10). La recherche de productivité et de performance ne paie donc pas toujours si les débouchés commerciaux ne suivent pas.

Comme chaque année, l'enquête révèle des écarts importants entre les éleveurs. Par exemple, pour les bâtiments spécialisés en dindes (toutes catégories), en dépit d'une « épuration » liée à la baisse des volumes produits, l'écart de marge brute entre le premier et le dernier quart est de 24 €/m2 (15 € pour les 25 % inférieurs et 39 € pour les 25 % supérieurs). Comme d'habitude, l'appartenance à telle ou telle organisation peut jouer positivement sur la rémunération moyenne. C'est particulièrement vrai en poulet label rouge, avec une marge brute allant de 24,6 à 35,10 €/m2 pour les moyennes extrêmes par groupement. Sachant que ces éleveurs n'ont pas vraiment le choix du groupement. En dinde, la marge brute annuelle oscille entre 25,7 et 33,70 €/m2. Comme d'habitude, les charges fixes affectables augmentent, mais modérément.

 

Installation en neuf difficile

Les éleveurs sont de plus en plus âgés. Les moins de 40 ans pèsent 19 % contre 27 % pour les plus de 50 ans. Il en est de même de leurs bâtiments, 11 % ayant moins de 10 ans et 42 % plus de 20 ans. Néanmoins, 30 % des poulaillers ont peu ou prou été rénovés en 2008-2009, et l'enquête décèle un frémissement des nouvelles constructions.
Il sera très difficile pour un nouvel investisseur de compter dégager un revenu décent avec un bâtiment neuf, s'il ne compte que là-dessus. Reste l'investissement dans un poulailler d'occasion dans la mesure où il est possible de réaliser des performances techniques correctes. Dans les deux situations, ces jeunes doivent viser le premier tiers et n'ont pas le droit à l'erreur.

 

Source Réussir Aviculture Janvier - Février 2010

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