Surcoûts de production : Les producteurs d'oeufs demandent une hausse des prix à la GMS

Armelle Puybasset

Parlant en leur nom et en celui des centres de conditionnement, les représentants de la production d'oeufs ont alerté les médias en juillet pour pousser la GMS à augmenter ses prix

En plein coeur de l'été, les producteurs d'oeufs ont convié la presse pour lancer un cri d'alarme et sensibiliser la grande distribution à la hausse des coûts de production. Le moment choisi peut surprendre, quand on sait que le cours de l'oeuf n'a jamais été aussi haut depuis plus d'un an (7,3 euros les 100 oeufs M fin juillet, alors qu'il avoisinait 4,50 euros en début d'année) et que ce sont habituellement les centres de conditionnement eux-mêmes, absents de la conférence, qui négocient avec la GMS. « Face à l'augmentation générale du coût de revient de l'oeuf, le maillon production a voulu jouer la solidarité interprofessionnelle », selon les termes de Francis Damay, président du CNPO. Mettant de côté les habituels clivages entre l'amont et l'aval de la filière. Ce 21 juillet, l'ensemble des producteurs français étaient également représentés par Yves-Marie Beaudet, président de la section oeufs de l'UGPVB et par Philippe Juven, président de l'association des producteurs d'oeufs du Sud-Est (Apose). En montrant ainsi sa détermination pour obtenir une hausse, la profession veut « faire pression » auprès de la GMS, avant la phase habituelle de négociations tarifaires de septembre.

Au niveau des centres de conditionnement, l'achat des oeufs aux producteurs représente les deux tiers du coût de revient. (A. Puybasset)

Au niveau des centres de conditionnement, l'achat des oeufs aux producteurs représente les deux tiers du coût de revient. (A. Puybasset)

Hausse de 1,62 centime d'euro par oeuf

« Les producteurs demandent maintenant à la grande distribution une augmentation de 1,62 centime d'euro par oeuf pour qu'elle soit l'artisan de leur survie », ont-ils déclaré. Ce chiffre correspond précisément à la hausse des coûts de production liés à la mise aux normes bien-être (0,5 centime par oeuf) et aux augmentations du coût de l'aliment (0,8 c), de la poulette d'un jour (0,2 c) et du gasoil (0,1 c). Entre 2009 et mai 2011, le coût d'une formule d'aliments pour les poules pondeuses a augmenté de plus de 40 %, sachant que l'aliment représente 50 % du coût de revient au niveau du centre de conditionnement. « Les investissements liés à la mise aux normes entraînent pour l'éleveur un surcoût de production de 1,70 euro par an et par poule pendant les dix ans d'amortissement », explique Yves-Marie Beaudet. « La filière doit faire face à des fluctuations du prix des matières premières de plus en plus importantes et dans le même temps investir massivement. C'est une situation jamais vue », souligne Francis Damay.

Plus de 30 % de marge

Entre le prix moyen de vente du centre de conditionnement à la GMS de 10 centimes par oeuf et le prix payé par le consommateur (19 centimes), le solde disponible pour la grande distribution est évalué à 9 centimes, avec un taux de marge nette estimé à 30 %. « Entre juillet 2010 et juin 2011, le prix de vente de l'oeuf coquille au consommateur a augmenté de 2 %, sans revalorisation sur le prix d'achat à l'amont », déplore Philippe Juven. « Nous ne sommes pas là pour juger la grande distribution. À elle de voir si elle rogne sur ses marges ou si elle augmente le prix au consommateur », poursuit Yves-Marie Beaudet. « Notre souci est qu'elle intègre nos coûts de production. » Pour mémoire, la hausse demandée par la filière correspond à une augmentation de 2 euros par acheteur d'oeufs en GMS et par an, dans le cas où celle-ci serait entièrement répercutée sur le prix de vente consommateur et sans appliquer de coefficient multiplicateur.

Source Réussir Aviculture Septembre 2011

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