Trois questions à Pascale Magdelaine, économiste à l’Itavi

Propos recueillis par Laurence Mouquet - Réussir Aviculture Janvier-Février 2013

Trois questions à Pascale Magdelaine, économiste à l’Itavi
Pascale Magdelaine, économiste à l’Itavi. © L. Mouquet

Interrogée au sujet des contrats de production en aviculture, Pascale Magdelaine, économiste à l’Itavi, estime que « la filière française manque de discipline ».

.  Quel élément vous a frappée dans l’étude des contrats de production ?

Pascale Magdelaine - « On constate un manque de discipline dans la filière française, qui n’existe pas chez nos voisins. Par exemple, s’il n’y a pas de mises en place de dindonneaux en semaine 50 ou 51, il y a un trou dans les plannings d’abattage trois mois après. Ce manque de discipline a un coût : les flux ne sont pas optimisés, et le potentiel génétique ne peut pas s’exprimer au mieux. »

. N’y a-t-il pas des pénalités prévues aux contrats ?

P. M. - « Les pénalités parfois prévues dans les contrats sont rarement appliquées car les organisations de production redoutent de perdre des éleveurs. Nous avons rencontré des éleveurs du Nord qui travaillent avec les opérateurs belges qui ont mis en place un système intéressant de « permis à point » qui permet à un éleveur d’opposer un nombre limité de « jokers » aux demandes de son industriel. Quand il n’a plus de point, il doit impérativement répondre à la demande.
L’étude du fonctionnement des filières chez nos voisins européens sera l’étape suivante. En Allemagne, le manque de discipline peut aller jusqu’à l’exclusion. Mais les relations entre les différents maillons de la filière sont beaucoup plus étroites. »
 

. Vous relevez aussi un manque de coordination ?

P. M. - « Le dialogue vertical entre maillons est parfois insuffisant. Finalement, les sélectionneurs
et les abattoirs travaillent peu ensemble. De même, les couvoirs sont souvent indépendants. Ils fonctionnent par des engagements oraux sur des volumes par semaine, sans contrats écrits, avec des prix peu différenciés selon la destination finale du produit ou les coûts de production. Le potentiel génétique n’est pas exploité comme il le pourrait. Comment produire le dindonneau optimal quand on ne sait pas à quel âge ou quel poids il sera abattu ?
En Allemagne, la filière est plus structurée. Ce fonctionnement français est hérité du passé, quand l’aviculture était une production complémentaire, et par
la multiplicité des qualités produites en France. »

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires