Un plan de relance de la compétitivité pour les industries avicoles

Armelle Puybasset - Réussir Aviculture Réussir Aviculture

Un plan de relance de la compétitivité pour les industries avicoles
Pour améliorer la productivité, les conditions de travail et l’impact environnemental, le plan d’action propose une augmentation des structures d’élevage pour atteindre la taille optimale de 5000 m2. © P. Le Douarin

Depuis l'assemblée générale de la Fédération des industries avicoles, le diagnostic est posé et les propositions de relance validées par FranceAgriMer avec l’aval des autorités. À la filière volaille maintenant d’œuvrer collectivement pour retrouver de la compétitivité.

Le constat n’est pas nouveau. Les indicateurs sur la compétitivité de la filière de volaille de chair restent préoccupants  : 44 % de la viande de poulet consommée en France est importée. Cette part revient de plus en plus aux pays de l’Union européenne. En 2011, les volumes de production française sont quasiment retombés aux niveaux d’il y a vingt ans, tandis que sur la même période la production allemande a été multipliée par trois. Plusieurs études, menées notamment en 2011 par AND et l’Itavi, avaient permis de pointer les spécificités de la filière française : un faible renouvellement du parc de bâtiments avec de petites structures d’élevage, un coût d’abattage moins compétitif, une très (trop ?) large gamme de produits en grande surface…

Des structures d’élevage plus grandes pour des économies d’échelle

Trois groupes de travail réunis au sein de FranceAgriMer et constitués de représentants des organisations professionnelles, de l’administration et de l’Itavi, ont proposé des pistes d’action. Elles ont été validées le 14 juin par le conseil spécialisé Viandes blanches de l’office agricole.
L’une des propositions phares porte sur l’agrandissement des structures afin d’atteindre une taille optimale de 5 000 m2, tout en améliorant l’impact environnemental : investissement dans des équipements de traitement des déjections comme les stations de compostage et réalisation d’économie d’énergie avec des bâtiments bien isolés et bien équipés.
La profession est consciente qu’elle devra faire accepter par la société « ce modèle d’élevage porteur de compétitivité ». « Un document pédagogique va être réalisé pour démontrer qu’il concilie performances économique et environnementale », a présenté Pascale Magdelaine de l’Itavi,  lors de l’assemblée générale de la fédération des industries avicoles.
Il a également été proposé de construire un système de qualité unique pour rassurer le consommateur. Cela existe déjà chez nos voisins comme le système QS en Allemagne ou IKB aux Pays-Bas. « L’objectif est d’harmoniser les exigences des clients et d’éviter la superposition de cahiers des charges de la GMS. Cela permettrait de faire des économies d’échelles et de gammes. »
Les travaux des groupes de travail ont également mené sur des pistes d’évolution des relations entre les administrations et les entreprises, sur l’harmonisation réglementaire et sur l’évolution des gammes de produits ainsi que sur les relations avec la distribution. Deux études seront réalisées fin 2012 sur l’analyse des gammes de produits dans différents pays d’Europe et sur les circuits d’importation en France.

Image 5

Des contrats d’éleveurs favorisant la performance et l’innovation

Enfin, ils soulignent les leviers techniques et organisationnels de la compétitivité, notamment une évolution des schémas techniques et une réflexion sur les contrats, « un élément insufisamment moteur pour favoriser l’innovation et la performance des élevages ».
Véronique Borzeix, représentante du ministère de l’Agriculture (DGPAAT(1)), a salué le fait que « le respect de l’environnement soit intégré comme un paramètre essentiel du plan d’action et pas uniquement perçu comme une contrainte. Ces propositions ne doivent pas rester lettre morte. La plupart d’entre elles sont du ressort des acteurs professionnels. L’État, via FranceAgriMer, est présent et prêt à soutenir la filière. Mais l’essentiel est à faire par vous-mêmes ! ».
« Le diagnostic est fait par tous. Place maintenant à l’action », a relevé Jean-Yves Ménard, président du CIPC. « Environnement et compétitivité ne sont pas forcément antinomiques. Il faut le faire savoir à la société. À nous d’être imaginatifs pour mieux communiquer. »
   

(1) Direction générale des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires, dépendant du ministère de l’Agriculture.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires