Un plan stratégique pour les filières chair au premier trimestre 2013

Pascal Le Douarin - Réussir Aviculture Décembre 2012

Un plan stratégique pour les filières chair au premier trimestre 2013
Salle de découpe automatisée Chez Rothkötter en Allemagne, le N° 2 du secteur. La production germanique de viande de volailles devrait atteindre un nouveau record cette année avec 1,68 million de tonnes (+1% par rapport au record de 2011). DR

La perte de compétitivité de la filière chair se confirme au fil des années. L’électrochoc Doux rappelle que le temps est venu de passer du ‘dire’ au ‘faire’.

Le constat est connu, mais il était approprié de le rappeler, a souligné Xavier Beulin, invité au débat sur « les perspectives pour l’aviculture française » organisé le 7 novembre par la CFA, branche spécialisée de la FNSEA. Pascale Magdelaine, directrice du service économie de l’Itavi, a également rappelé les enjeux. Alors que la demande mondiale est dynamique (4 à 5 % par an), que le commerce international (sous dominance brésilienne) se porte bien, l’Europe - et particulièrement la France - n’en profitent pas. L’an dernier, nous sommes revenus au niveau de production de 1991, quand les Allemands ont triplé leur production. Certes, la France avicole est diversifiée, mais elle peine. Sa production de dinde est tombée de moitié en dix ans, le canard est dynamique grâce au foie gras, le poulet semble rebondir depuis 2010, mais l’effet est trompeur. C’est grâce au poulet congelé export (un petit quart des volumes), alors que le poulet label reste franco-français et que le poulet frais « métro » stagne : il est attaqué par les importations fraîches majoritairement européennes. Un chiffre résume la situation générale : en valeur, l’excédent commercial avicole est passé de 1,2 milliard d’euros en 2000 à 240 millions en 2011. « Je crains que nous ne soyons à la limite de devenir bientôt déficitaire », souligne l’économiste.
Les enjeux sont aussi connus : maintenir les restitutions pour pérenniser le marché du poulet congelé, retrouver la compétitivité prix en poulet et dinde frais standards, trouver un moyen de soutenir le label rouge centré sur le segment entier dont la consommation globale chute.
Les leviers d’action sont eux aussi cernés : lever les blocages dans la filière (construire des bâtiments neufs, instituer de nouvelles relations en interne et avec la distribution), avoir une vision partagée par l’ensemble des maillons et opérateurs, gérer la volatilité des prix des intrants et des produits finis.

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Dynamiques de production par espèces en France

Trois mois pour construire un plan stratégique partagé

« Au premier semestre 2013, des mesures très fortes encadreront un plan stratégique pour l’avenir de la filière avicole », a annoncé Guillaume Garot, ministre de l’Agroalimentaire, en clôture du débat de l’assemblée générale de la Confédération française de l’aviculture. Alain Berger, délégué interministériel à l’agroalimentaire et à l’agro-industrie, a été nommé en juillet pour mener ce travail dans les filières avicole et porcine. Il s’appuiera sur plusieurs rapports établis depuis deux ans et sur les résultats de groupes de réflexion réunis cette année sous l’égide de FranceAgriMer. « Je suis là pour faciliter l’élaboration d’une vision partagée, ce qui est moins facile à dégager en France que dans d’autres pays », résume Alain Berger. Pour les pouvoirs publics, les enjeux se situent en termes d’emplois préservés ou créés, d’ancrage du tissu agricole et industriel dans le territoire, de visibilité de la France dans le Monde. Alain Garot insiste sur une stratégie définie dans le respect du modèle alimentaire français qui repose sur deux points symbolisant l’excellence française : la qualité de ses produits et sa sécurité sanitaire. Par ailleurs, le ministre espère régler la question environnementale. « Nous devons sortir du face à face stérile entre producteurs et écologistes, et trouver un consensus réconciliant l’écologie et l’économie. »
Le temps presse, reconnaît le haut fonctionnaire. « J’ai peu de temps pour mettre en place une politique partenariale entre les pouvoirs publics et la profession hors-sol. » Le résultat dépendra de l’implication de la profession et de sa volonté à dépasser les intérêts particuliers. « Est-on capable de dire ce que doit faire la filière française dans le contexte de concurrence intra-communautaire ? », demande Alain Berger. « Les premiers contacts me montrent qu’il existe des divergences d’appréciation. Surtout, il est important que les choses soient dites sans tabous pour dépasser les clivages, voire les non dits. »

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