Une amélioration des marges quasi générale en volaille de chair

Armelle Puybasset

Une amélioration des marges quasi générale en volaille de chair
C'est la dinde qui connaît la meilleure progression en marge brute. - © P. Le Douarin

Les marges brutes ont progressé dans la plupart des productions y compris en dinde. Une bouffée d'oxygène attendue tandis que 2 016 s'annonce plus difficile dans un contexte d'influenza aviaire. C'est ce que révèle l'enquête avicole 2015 des chambres d'agriculture.

Chaque année, les chambres d'agriculture du Grand Ouest, du Centre et du Nord recueillent les performances technico-économiques des lots de volailles de chair. L'enquête 2 015 a concerné 426 éleveurs soit 916 bâtiments et 817 000 m2 de surface. 66 entreprises (groupements, coopératives et fabricants d'aliment) y participent. L'année passée aura été plutôt positive avec une progression des marges brutes dans toutes les productions à l'exception de la pintade (en recul) et du poulet label (stable). C'est la dinde qui connaît la meilleure progression en marge brute. « Après plusieurs années de baisse, la marge brute gagne 3 euros/m2 et retrouve son niveau de 2009 », précise Élodie Dezat, de la chambre d'agriculture de Bretagne et coordinatrice de l'enquête. Une amélioration nécessaire pour que cette production retrouve un regain d'intérêt auprès des éleveurs même si les performances techniques restent en deçà du niveau de 2013.

L'amélioration générale s'explique par un gain de productivité liée aux rotations améliorées (surtout en poulet) et par une bonne maîtrise des charges, notamment du gaz. « La baisse du prix du gaz aura été le point marquant. » Il revient à un niveau proche de fin 2013. Mieux isolés et équipés, les bâtiments sont aussi moins consommateurs d'énergie. En poulet, la marge poussin aliment par kilo progresse pour toutes les productions, signe d'une meilleure rémunération.

Les charges fixes affectables calculées pour 81 exploitations spécialisées sont en légère baisse (19,463 €/m2/an) tout en restant supérieures aux années 2013 (18,211 €) et antérieures. Les postes « réparations, autofinancement et annuités » traduisent une stabilisation dans la rénovation et la construction des bâtiments.

L'écart entre le premier et le dernier quartile se creuse

En poulet export (souche classique), la marge brute progresse de 2 euros/m2/an. Ce gain s'explique par une nouvelle progression de la productivité (plus de 330 kg produits/m2 sur l'année avec des durées de vides inférieures à 12 jours et 8,25 lots par an) et de l'indice de consommation (baisse de 8,6 % depuis 2012 pour atteindre 1,609). Par contre, la viabilité régresse. C'est la rotation et la densité qui font la rémunération. Les écarts de marges brutes se creusent de nouveau entre éleveurs. Il y a 104 kg/m2 de différence entre ceux du premier et du dernier quart.

En poulet standard, la progression des marges s'explique moins par le gain de productivité (effet Directive bien-être). La marge brute progresse grâce à une meilleure rotation (presque 6,6 lots par an) et une légère baisse des charges variables (gaz). Les performances techniques se dégradent en lien avec quelques problèmes sanitaires. Ce sont surtout l'IC, la rotation et la MPA/kg (effet contrat) qui font la différence entre éleveurs. L'écart entre les quarts inférieurs et supérieurs atteint 30 euros/m2/an.

En poulet lourd, les marges continuent de se creuser en faveur du sexé. Les performances techniques progressent grâce à l'IC et au GMQ tandis que la viabilité se dégrade. C'est la production de poulet qui connaît la plus forte progression de marge brute. L'écart entre producteurs s'explique par la MPA/lot (effet contrat) puis la durée du vide (une semaine d'écart entre le premier et dernier quartile).

En dinde standard, la marge brute grimpe de 10 % du fait d'une meilleure rotation (moins de vide), d'une légère baisse des charges variables (frais de santé et eau) et surtout d'une forte amélioration de la MPA ramenée au kilo (rémunération). L'indice de consommation à la baisse retrouve le niveau de 2013 tandis que le GMQ et la densité au démarrage baissent. La part des dindes lourdes et alourdies ne représente plus que 3 % des lots.

En canard de Barbarie, la marge par lot régresse du fait d'une dégradation des performances techniques (problèmes sanitaires). En revanche, la productivité augmente grâce à une meilleure rotation (durée de lot plus courte) et des densités au démarrage plus fortes. La marge brute progresse grâce à la maîtrise des charges variables. Les écarts sont plus marqués entre organisations de production, toutes n'ayant pas été affectées de la même manière par les difficultés de marchés (durée du vide).

En poulet label rouge, on note un gain de GMQ et d'IC. La marge brute augmente grâce à une amélioration de la MPA au kilo et une baisse des charges variables (gaz, cotisation groupement). C'est cette dernière qui explique les écarts entre bâtiments, aux côtés de la durée de vide, la proportion de déclassés, l'IC et l'effet contractuel.

La pintade est la seule production qui voit ses marges diminuer. Les résultats techniques sont en demi-teinte : amélioration du GMQ et de l'IC, augmentation des pertes et saisies. Les producteurs sont souvent non spécialisés : moins d'un lot sur cinq était précédé d'un lot de pintades. Les chiffres sont à prendre avec précaution car l'échantillon est faible (86 lots).

Source Réussir Aviculture

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