Une filière «Label Rouge» en bonne santé

Christine HUPPERT

Une filière «Label Rouge» en bonne santé

La filière volailles Label Rouge repose sur des atouts solides mais prépare son évolution dans un secteur « Volailles » en plein bouleversement.

En 2014, la filière avicole « Label Rouge » représente :

• environ 6 000 éleveurs de volailles de chair et poules pondeuses,

• environ 250 entreprises (couvoirs, fabricants d’aliments, abattoirs, ateliers de transformation, centres de conditionnement),

• plus de 100 millions de volailles produites.

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La production de volailles « Label Rouge » a connu une légère hausse en 2013 : les mises en place ont été stables et les labellisations en légère hausse (source : Synalaf) à 90,2 millions de poulets, avec une part des poulets jaunes (49 %) toujours en hausse.

 

 

Marchés et tendances

D’après une enquête réalisée auprès des principaux abattoirs de la filière (représentant

environ 90 % des volumes de poulets « Label Rouge » produits), les GMS ne représentent

qu’un peu plus de 2/3 des ventes de poulets « Label Rouge » par les abattoirs. 

Le tiers restant se répartit entre :

• les grossistes, qui sont des intermédiaires vers des destinations de vente très variées : bouchers, restauration, export, mais aussi la GMS,

• l’export direct ;

• les ventes directes à la RHD, qui représentent environ 10 % des ventes totales au secteur de la RHD,

• les ventes à l’industrie, • d’autres secteurs comme la vente au détail, les freezer-centers… (Source : Synalaf)

Une filière «Label Rouge» en bonne santé

Les achats des ménages

Les achats des ménages français 60 % des poulets PAC achetés par les ménages français en 2013 étaient « Label Rouge ».

Pour la découpe de poulet « Label Rouge », ces produits sont plus récents et ne représentent encore que 11%. (Source : Synalaf d’après FAM/Kantaworldpanel).

En 2014, les achats de poulets sont en baisse, avec le recul des poulets entiers standards, que ne compensent pas la progression des découpes et la stabilité des poulets entiers « Label rouge ». Les achats d’élaborés de volailles et de charcuterie sont en nette hausse. Concernant les prix, ils sont stables autant pour les poulets entiers « Label Rouge » que pour la charcuterie de volaille.

Une filière «Label Rouge» en bonne santé

Les exportations de volailles fermières

Les exportations représentent environ 5 % de la production nationale de volailles « Label Rouge ».

En 2013, les exportations directes par les abattoirs ont progressé globalement de 10 % par rapport à 2012. 

Les découpes ne représentent qu’environ 19 % des exportations de volailles « Label Rouge », les poulets entiers représentant à eux seuls 70 %.

Concernant les destinations pour le « Label Rouge », les exportations ont surtout progressé vers :

• les Pays-Bas (+ 24 %), destinataire de 7 % des exportations

• la Suisse (+ 15 %), destinataire de 9 % des exportations

• mais surtout les autres destinations (+ 86 %), destinataires de 22 % des exportations et notamment le Luxembourg, l’Asie (Hong Kong en particulier) ou encore l’Autriche.

Des entreprises leader dynamiques : cela suffira-t-il ?

Le repli des volumes de volailles abattues en France va indéniablement influer sur les coûts des productions « Label Rouge »

Comment agir

LDC leader français sur ce marché et sur le marché de la volaille, propriétaire des marques Loué et Le Gaulois, vient d’annoncer son projet d’alliance avec Sofiprotéol, visant à « Reconquérir le marché » français où 42% du poulet consommé est importé. LDC va se renforcer sur sa production de viande, Sofiprotéol lui cédant 5 sites en Bretagne. De son côté, Sofibaptisée protéol, fabricant les huiles Lesieur ou des biocarburants Diester, va se renforcer dans la nutrition animale avec Sanders qui prévoit des investissements importants, ce qui devrait favoriser la compétitivité.

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Ce projet traduit la mobilisation de deux acteurs majeurs de l’agroalimentaire autour d’une ambition commune devant permettre à la filière de reconquérir dans la durée le marché national et de se développer à l’international.

Un autre acteur majeur de la filière, Gastronome, filiale de Terrena, continue sa restructuration en supprimant des emplois sur un de ses sites portant l’activité « Dindes » et qui « plombe » la rentabilité. Ce site, qui avait fait l’objet d’importants investissements pour développer les produits élaborés, fermera au profit d’une redistribution de la production.

Les coopératives du Sud Ouest Maisadour et Vivadour ont créé une alliance Landes-Gers. Puis Maisadour et Gastronome en 2011, ont regroupé leur activité volaille au sein d’une nouvelle entité commune Sofibaptisée Fermiers du Sud-Ouest. Par cette alliance stratégique ces acteurs de l’agroalimentaire visent à conforter la production de volaille du sud ouest et à renforcer Gastronome (filiale volaille du groupe Terrena) dans sa position de numéro deux au niveau national. (Fermiers du Sud-Ouest est détenu à 51 % par le groupe Maïsadour et à 49 % par Terrena). Par ailleurs, ce projet a également pour objectif de permettre de réinvestir dans la production volaille et de développer les créneaux porteurs que sont le bio et le label.

Grâce aux structurations et aux alliances, chacun se donne les moyens pour s’adapter au marché et donc préparer sa place de demain… c’est rassurant pour cette filière « Label Rouge » qui dépend « aussi » de la filière Volailles au sens large.

 

Source : CERFRANCE : Lettre Veille Économique Agricole - décembre 2014 - N°40

 

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