Vers des contrats en volailles standard en bon équilibre entre performance et assurance

Armelle Puybasset - Réussir Aviculture Avril 2013

Vers des contrats en volailles standard en bon équilibre entre performance et assurance
Faut-il introduire un peu plus de partage du risque, notamment sur le coût des matières premières ? © A. Puybasset

La filière chair se demande comment dépoussiérer les contrats de production dans le but d’améliorer sa compétitivité globale. Il s’agit aussi de repartager les enjeux et les risques de marché entre les maillons production et abattage.

Le contrat « à la française » a largement contribué au développement des filières avicoles depuis les années 80. La quasi-totalité des volailles est aujourd’hui livrée via des contrats de production, principalement sous forme d’intégration ou de contrats coopératifs. Alors que la France est en perte de compétitivité face à ses concurrents européens, beaucoup s’interrogent sur l’intérêt de faire évoluer ce système de contractualisation des producteurs. « Le contrat n’explique qu’une partie de l’écart du coût de revient entre la France et ses concurrents au regard d’autres facteurs plus importants tels que le coût d’abattage ou l’impact des exigences environnementales ou des dispositions fiscales », précise Pascale Magdelaine, de l’Itavi. Complexe, opaque et parfois mal compris des éleveurs, cet outil de paiement est toutefois vécu comme un frein au changement du modèle de production. » L’Institut technique a étudié la diversité des contrats mis en place par les organisations de production et analysé les relations entre les maillons de la filière.

Le contrat actuel arrive à la fin d’un cycle

« L’objectif de l’enquête était avant tout de comprendre comment les caractéristiques d’un contrat peuvent tirer vers le haut la compétitivité globale de la filière. Il s’agissait aussi de voir comment repartager les risques de marché, comme par exemple ceux liés à la forte volatilité des cours des matières premières. » Le contrat à la française protège l’éleveur de ces risques, mais lui attribue peu de pouvoir de décision dans les choix techniques, ce qui au final pousse peu à l’augmentation de son revenu. Finalement, le système de prix unique du kilo de vif n’incite pas forcément l’éleveur ou l’organisation de production à la performance.

« La clé est dans le partage du risque et du pouvoir de décision »

Ce sujet a fait l’objet d’un débat animé lors de la dernière assemblée générale du Comité Régional Avicole des Pays de la Loire (Cravi) à Angers le 14 mars. Débat au cours duquel beaucoup de questions ont été posées, sans tabou, mais qui restent encore sans réponse : Faut-il introduire un peu plus de partage de risque (sur le coût d’aliment, par exemple), sachant que l’éleveur ne maîtrise pas toujours certains paramètres comme la performance de l’aliment ou l’âge à l’abattage ? Faut-il introduire une part de paiement variable en fonction de critères de qualité comme le rendement filet ? N’est-ce pas l’organisation de production (OP) qui dispose davantage de leviers pour l’améliorer ? Comme le remarque un responsable d’OP, cela sous-entendrait une réorganisation globale de la production : aujourd’hui les abattoirs demandent avant tout de la disponibilité en produits pour répondre aux courts délais d’approvisionnement de la GMS et pas un rendement en viande optimal. L’OP « franco-française » est-elle un frein à la compétitivité de la filière quand on sait qu’elle n’existe pas en Allemagne ?…
Certains l’ont redit lors du débat : l’écart de compétitivité se situe davantage sur le coût sortie abattoir que sur le coût du vif. Une refonte de la contractualisation aura un poids à relativiser face à la poursuite de la restructuration du maillon abattage : saturation des outils, allègement des gammes de produits,… Et Isabelle Leballeur, secrétaire générale de la CFA, de rappeler : « Les jeunes qui s’installent et qui investissent aujourd’hui recherchent d’abord de la lisibilité et une assurance sur le revenu. C’est notre force en aviculture ! Ne le perdons pas de vue dans la refondation, néanmoins nécessaire, de la contractualisation. »

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