2009 : Prévisions de revenu : le détail production par production

SC d'après Agreste

Le revenu agricole moyen des exploitations professionnelles chute de 32 % en 2009 et ramène le revenu moyen au-dessous de son niveau du début des années quatre-vingt-dix.

À l'exception notable des engrais, l'année 2009 est marquée par le recul des coûts de production. Mais les prix de la plupart des productions végétales comme animales sont orientés à la baisse. Au final, la diminution des charges ne compense pas celle de la valeur de la production.


Céréaliers : - 51%

Déjà en net recul en 2008, le revenu des exploitations spécialisées en céréales, oléagineux et protéagineux chuterait de 51 % en 2009. Les coûts de production de la récolte 2009 ont été élevés, la baisse des prix des engrais n'intervenant qu'à partir du milieu de l'année. Leur poids sur le revenu s'ajoute à la nette dépréciation des prix, de 24 % pour les céréales.

Le revenu des exploitations spécialisées en autres grandes cultures reculerait de 41 %. Pour l'ensemble des grandes cultures, après le pic inégalé de 2007, le revenu redescend en deçà du niveau historiquement bas de 2005.




Vins AOC : - 8%. Vin de pays et de table : + 39%.

Sauf pour le champagne, les vendanges sont bonnes par rapport au faible volume de 2008 mais la crise économique rend plus difficile l'écoulement des vins d'appellation. Leurs stocks gonflent légèrement et les prix des AOC reculent. Au contraire, du fait des faibles récoltes de 2007 et 2008, les stocks des vins de table et de pays sont réduits et leurs prix poursuivent une lente amélioration.

Le revenu des exploitations de viticulture d'appellation, tendanciellement en baisse depuis 2000, perd donc encore 8 % en 2009. À l'inverse, les exploitations de viticulture courante verraient leur revenu croître de 39 %.

Arboriculteurs : - 53 %. Maraîchers et horticulteurs : - 34%

Le revenu des arboriculteurs se détériore de 53 % en 2009. Il rejoint ainsi le bas niveau de 2005. L'été maussade n'a pas favorisé la demande et les fruits se sont écoulés à bas prix. Les charges en engrais et produits de protection des cultures demeurent élevées.

Les conditions sont comparables pour les exploitations maraîchères et horticoles, dont le revenu décrocherait de 34 %. Il baisserait, hors inflation, de 8% par an depuis 2003 pour atteindre un niveau inférieur à celui du début des années 1990. Souvent concurrencés par les produits espagnols, les légumes d'été souffrent de prix anormalement bas. D'autre part, les principaux légumes d'hiver pâtissent de la faiblesse de la demande.

Laitiers : - 54%. Bovins viande : +17%

Le revenu des éleveurs laitiers chuterait de 54 % en 2009. La collecte laitière diminue dans un contexte défavorable. Le prix du lait a commencé à baisser au second semestre de 2008. Il se détériore de 16 % en moyenne sur l'année civile 2009, en liaison avec la baisse des prix des produits laitiers industriels. Le coût de l'alimentation animale, qui se réduit nettement, ne permet pas de compenser la baisse du chiffre d'affaires en élevage laitier. Le revenu moyen par actif de ces éleveurs descend, en termes réels, au-dessous de son niveau du début des années 1990.

La situation est meilleure pour les producteurs de viande bovine grâce à la diminution des prix et des achats d'aliments composés. Leur revenu progresserait de 17 % en 2009. Les prix des animaux finis se replient, mais ceux des animaux maigres, très déprimés en 2008 du fait des difficultés d'exportations liées à la fièvre catarrhale ovine, remontent. Les abattages de veaux et de gros bovins mâles sont moins élevés qu'en 2008. Mais l'évolution positive de 2009 pour les élevages de bovins viande ne rattrape pas les fortes baisses du revenu des deux années précédentes. Ce dernier demeure, hors inflation, à un de ses plus bas niveaux depuis vingt ans.

Ovins : +22%. Hors sol : + 10%

Le volume de la production continue à baisser. Les prix sont fermes. Les charges fléchissent nettement du fait de l'alimentation animale. L'augmentation du revenu, soutenu par les aides publiques, traduit l'impact de ces moindres dépenses. Cependant, le revenu des exploitations ovines conserve, hors inflation, une de ses plus faibles valeurs depuis 1990.

Le revenu des producteurs hors sol progresserait globalement de 10 % en 2009. En élevage porcin comme en aviculture, les prix fléchissent mais le coût de l'alimentation animale régresse nettement. Cette baisse des coûts, très importants en élevage hors sol, permet l'amélioration du revenu en 2009. Très cyclique, celui-ci reste toutefois en recul de 12% par an depuis 2006. Son niveau avoisine le point bas atteint en 2002, avec une situation toujours difficile pour l'élevage porcin.

Publié par SC d'après Agreste

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