Céréales : la valeur de la production s’effondre de 30,9% (Comptes prévisionnels)

Anne Sophie LESAGE

Céréales : la valeur de la production s’effondre de 30,9% (Comptes prévisionnels)

D’après les Comptes prévisionnels de l’Agriculture, publiés ce mardi, la valeur de la production 2016 baisserait de près de 7% en valeur. En céréales, la valeur de la production serait en chute libre : -30,9%, en raison de très mauvais rendements, les plus bas depuis 30 ans.

D’après la Commission des comptes prévisionnels de l’Agriculture, pour l’année 2016, la production de la branche agricole chuterait en volume de 6,1%. Les prix seraient en baisse de 0,8%, provoquant une important perte en valeur. (-6,9%) La valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actif en termes réels, serait en repli de 11,6%. Le résultat brut de la branche agricole par actif non salarié en termes réels chuterait, lui, de 15%.

La forte diminution de la production agricole (-6,1% en volume, hors subventions) ne serait pas compensée par la baisse des consommations intermédiaires (-2,3% en valeur) ce qui entraînerait une chute de la valeur ajoutée brute de 13,7% en valeur. Compte tenu de la hausse du prix du PIB (+0,8%) prévue, la valeur ajoutée brute au coût des facteurs par actifs en termes réels décroîtrait de 11,6%. 

Chiffres par production

Produits végétaux

En céréales, la valeur de la production chuterait de 30,9% en raison de très mauvais rendements et des prix en net recul. Ceci s’explique par les mauvaises conditions climatologiques dont seul la France a souffert. Les rendements seraient les plus faibles depuis 30 ans. De ce fait, la récolte mondiale abondante pèse sur les cours. 

En plantes industrielles, la valeur de la production serait en baisse de 4,2% (-6,5% en volume, +2,5% en prix). La valeur des oléagineux refluent de 9,9%, celle des protéagineux de 26%. À contrario, la valeur de la production de la betterave industrielle enregistrerait une hausse importante, imputable au prix (+13%).

En produits maraîchers, horticoles et pommes de terre, la valeur de la production serait en progression de 7,4 % (-1,9 % en volume, +9,4 % en prix). La baisse des volumes en fruits (-3 %) et en pommes de terre (-3 %) serait largement compensée par la hausse des prix (+6 % en fruits, +9 % en légumes et +15 % en pommes de terre). Les conditions climatiques n’ont pas été favorables pour les fruits et les pommes de terre (mildiou).

En viticulture, baisse de la valeur de la production de 6,4 % (- 9 % en volume, + 2,8 % en prix). La récolte 2016 est une des plus faibles depuis 30 ans. Le gel de printemps (Champagne, Bourgogne, Val de Loire) et la sécheresse en méditerranée ont pénalisé la production. Certaines régions ont été touchées aussi par la grêle.

Produits animaux

En bétail, la valeur de la production serait en baisse de 1,1 % (+1,5% en volume, -2,6% en prix). Les gros bovins (-6% en prix) seraient les plus touchés par cette diminution. La production de porcins se redresse en valeur (+4%). Les cours remontent, malgré une offre européenne abondante et l’embargo russe, et ce, grâce à la demande asiatique.

En aviculture, la valeur de la production diminuerait au global de 5,5% : pour les volailles (-5%), les œufs (-6,9%). L’offre européenne reste très abondante.

En lait et produits laitiers, la valeur de la production serait en recul de 8,8 %. Les prix seraient en baisse de 7% en raison d’une surproduction de lait de vache après la fin des quotas, une demande chinoise en baisse et l’embargo russe.

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Résultats des exploitations pour 2015 

Selon les observations du réseau d’information comptable agricole, les résultats des exploitations agricoles ont été globalement stables en 2015 par rapport à 2014, avec un résultat courant par actif non salarié d’environ 25.415 euros en moyenne (+1,2%). L’Excédent Brut d’Exploitation, (EBE) des exploitations de dimension « moyenne et grande » est de 73.700 euros en moyenne en 2015.

Les résultats sont en baisse en 2015 pour l’élevage en bovin lait (-13% EBE) avec un résultat courant avant impôts (RCAI) par actif non salarié à 17.500 euros en moyenne (-28%). En bovin viande, le RCAI par actif non salarié s’établit à 18.300 euros (+3%). La conjoncture a été plus favorable pour les élevages d’ovins, caprins (RCAI moyen par actif non salarié : 20.700 euros ; +14% par rapport à 2014) et volailles (RCAI 28.100 euros ; +19%).

En revanche, en céréales et oléoprotéagineux, les résultats sont supérieurs à ceux de 2014 (+3% EBE) mais restent faible, avec un RCAI par actif non salarié à 40.400 euros en moyenne (+18%).

En viticulture, les RCAI par actif non salarié augmente de 4% par rapport à 2014 pour s’établir à 51.700 euros en moyenne.

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