Cerises: la FNSEA presse le ministère de l'Agriculture de prendre une décision sur un insecticide

avec AFP

Cerises: la FNSEA presse le ministère de l'Agriculture de prendre une décision sur un insecticide

La FNSEA, presse le gouvernement de prendre une décision à propos du diméthoate, un insecticide pour cerisiers récemment interdit en France, au grand dam des producteurs qui craignent autant l'attaque de leurs arbres que la concurrence des cerises étrangères.

Le ministère de l'Agriculture qui a demandé fin mars à la Commission européenne d'interdire en urgence le diméthoate dans toute l'UE, ainsi que la mise sur le marché de cerises provenant de pays ou d'Etats membres dans lesquels l'insecticide est autorisé, attendait toujours vendredi une réponse de Bruxelles. Prévu pour le début de cette semaine, l'avis de l'EFSA (l'Autorité européenne de sécurité des aliments) devrait être connu en début de semaine prochaine. Le diméthoate, un insecticide organophosphoré, déjà interdit pour la plupart des productions mais encore autorisé pour les cerises, a été retiré du marché français le 1er février par l'Agence nationale de sécurité sanitaire
(Anses). "Malheureusement, à un mois de la récolte, les producteurs de cerises qui voient leur travail de plusieurs années englouti sont désespérés", informe la FNSEA dans un communiqué.
Dans le Vaucluse, premier département producteur de cerises, des arboriculteurs ont tronçonné jeudi environ trois cents arbres près d'art pour témoigner leurs craintes d'être confrontés à des pertes de récoltes et une concurrence étrangère. "Le délai est expiré, le temps passe, le moucheron lui n'attend pas ! Il détruit sans relâche nos cerises et se propage sur d'autres fruits", dit le syndicat agricole. Soit l'avis de l'EFSA confirme le risque, et cela justifiera une décision d'interdiction. Soit la réponse est négative, et dans ce cas la France déclenchera une clause de sauvegarde nationale pour interdire la commercialisation dans l'Hexagone de cerises traitées au diméthoate, une mesure très rarement déclenchée.

Dérogation

"En demandant l'interdiction de ce produit, c'est toute la filière de la cerise qui se trouve confrontée dans un climat déjà difficile, au risque de perdre ses récoltes, faute de traitement adapté et alternatif", écrit Maurice Chabert, président du conseil départemental du Vaucluse, dans un courrier adressé mardi au ministère de l'Agriculture et envoyé aux médias vendredi. M.Chabert, "au regard des menaces qui pèsent aujourd'hui sur leurs exploitations", demande au ministère "afin de garantir une équité entre tous les producteurs de cerises des états membres de l'UE (...) la possibilité de disposer cette année d'une dérogation permettant l'utilisation des produits habituels et ainsi de ne pas pénaliser une filière locale d'excellence". 

Le ministère indique que dans tous les cas il veillera à la santé du consommateur et à éviter une distorsion de concurrence pour les producteurs.  Ceux-ci seront reçus pour une explication de la décision de l'EFSA, ainsi que pour rappeler quels sont les produits alternatifs au diméthoate. D'autres molécules chimiques peuvent être utilisées, comme les spinosines ou le cyantraniliprole. Selon la Confédération paysanne, elles sont toutefois plus chères que le diméthoate et peu efficaces face à la rapidité de reproduction du moucheron "drosophile suzukii", arrivé d'Asie en 2010.

Source Ministère de l'Agriculture

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Commentaires 2

MARGE4011

malheureusement drosophila suzukï,attaque aussi bien les arbres isolés qu'en verger intensif,cette affaire est plus politicienne que sanitaire…hélas.heureusement que l'incompétence gouvernementale ne tue pas !!!!!!

mme dupontel

Et essayer la biodiversité plutôt que les hectares de cerisiers plantés les uns à côté des autres, ce ne serait pas une solution (qui a fait ses preuves en plus) plutôt que de continuer à empoisonner les gens ?
Je dis ça, je dis rien....

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