COP21 : Faire le plein de carbone grâce à l’agroforesterie

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COP21  : Faire le plein de carbone grâce à l’agroforesterie

L’Agroforesterie est une des solutions pour capter le carbone de l’air et permet de contribuer non seulement à l’effort d’atténuation des gaz à effet de serre mais aussi à l’enrichissement du sol en humus. Une végétation qui permet également aux cultures de mieux résister aux incidents climatiques.

Comment à l’échelle d’une exploitation contribuer simplement à la baisse de l’effet de serre tout en enrichissant ses sols en matière organique ? En plantant des arbres et des arbustes autour et dans les terres agricoles, répondent les spécialistes de l’agroforesterie, présents à l'espace "Génération Climat" de la COP 21.

« En France 50% du carbone qui pourrait être stocké ne l’est pas encore  », explique Alain Canet, président de l'association française d'agroforesterie. Selon lui, il existe sur notre territoire  800.000 ha de zones tampon enherbées sur lesquelles on pourrait potentiellement planter des arbres et arbustres. Dans les exploitations, il s’agit de planter des haies bien sûr mais aussi de remettre des arbres au bord des cours d’eau, des fossés ou en association avec les cultures.

Piéger le carbone de l’atmosphère et améliorer l’humus du sol

Un peuplement agroforestier de faible densité, 50 à 100 arbres, peut ainsi augmenter le stock de carbone de 1 à 2 tonnes/ha/an (soit 3,7 à 7,4 t eq CO2/ha/an). Ce stockage s’effectue d’une part dans les parties aériennes de l’arbre mais aussi dans la matière organique incorporée dans le sol qui résulte de la mortalité des racines fines de l’arbre. « Ce qui nous intéresse, c’est l’évolution de cette matière souterraine. Si les racines vont à 2 m de profondeur, le carbone sera stocké à 2 m de profondeur », explique Christian Dupraz de l’Inra. Un arbre fixe plus de carbone dans la matière organique du sol que dans son bois.

L’agroforesterie permet donc non seulement de piéger le carbone de l’atmosphère, mais aussi d’améliorer l’humus du sol : « 95% des sols travaillés aujourd’hui perdent de la matière organique » précise Alain Canet. « Que l’on soit en bio, en conventionnel, en grandes cultures ou en élevage, dans tous les cas de figure il faut remonter la matière organique des sols », insiste-t-il.

L’agroforesterie peut s’adapter à de très nombreux systèmes d’exploitation : maraichage, vigne, grandes cultures... . L’Inra montpellier (UMR System) travaille depuis plus de 20 ans sur la faisabilité des pratiques agroforestières modernes. Ces travaux ont montré que les systèmes agroforestiers actuels permettent de maintenir un revenu annuel  grâce aux cultures mais aussi de constituer un capital de valeur avec les arbres.

L’ombre protège les cultures de la canicule

Les simulations de l’Inra montrent par ailleurs que les cultures partiellement à l’ombre des arbres sont moins sensibles aux accidents climatiques (canicules) et hydriques (sécheresses). La demande en évaporation est réduite à l’ombre et la température des organes inférieure de 2 à 8 °C aux plants en plein soleil. Conclusion : les mauvaises années sont moins mauvaises pour les systèmes agroforestiers que pour les parcelles agricoles pures. "Ce qui prend toute son importance quand on sait qu’elles vont devenir plus fréquentes", précise l'INRA.

Une plantation qui doit être mesurée et adaptée selon les conditions pédoclimatiques de chacun : « A une époque on a beaucoup trop planté d’arbres, aujourd'hui on sait ce qui ne marche pas, on connait le juste milieu en fonction des conditions de chacun » précise Alain Canet.

L’agroforesterie s’est d’ailleurs bien développée ces 5 dernières années. En France, on est passé de quasiment zéro à près de 10.000 hectares agricoles plantés. « Même avec les agriculteurs de Beauce le message commence à passer » affirme Alain Canet, pour qui  l’enjeu est clair : "Il faut passer d’une agriculture à effet serre à une agriculture à effet de terre !"

 

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Commentaires 4

l'écolo

je ne veut rien dénigrer je dis seulement que les efforts d'un coté sont largement étouffé par les autre continents! je dis que nos politiques font de lécologie par calcul électoral!je ferme l'eau quand je me lave les dents (humour)la co responsabilitée o k pourquoi l'europe ne ferme elle pas ses frontiéres au produits sale?au capitaux sales?AU PAYS QUI FONT TRAVAILLER LEUR PEUPLE COMME DES ESCLAVES???la réponse c'est qu'il est plus facile de culpabilser le peuple français et d'augmenter les impots pour subventinner des actions qui nous donnent bonne conscience...

dob

@ l'écolo :
Tu veux dénigrer la replantation d'arbres ?
En tout cas on est aussi co responsable de la déforestation ailleurs..

pierre

c'est exactement cela

l'écolo

quand on plante en france un ha de "foret",plus ou moins subventionné, l'asie, l'afrique ,le continent americain dans son ensemble, en arrache 1000!!!! ami politicien continué a nous prendre pour des c.. ami contribuable continuer de payer...

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