E.Coli : une crise à un milliard d'euros

Début juillet après un mois d'inquiétude pour les consommateurs, d'hésitation pour les autorités sanitaires et de désarrois mêlé d'injustice et de colère pour les producteurs de légumes et de fruits européens, l'épidémie Escherichia coli était stabilisée. L'Allemagne a donc connu sa pire crise alimentaire.

Plus de 4 000 personnes contaminées par la bactérie dont près de 1 000 ont développé le syndrome hémolytique et urémique et 50 en sont mortes. A ce dramatique bilan s'associe la crise économique la plus lourde qu'ait subi la filière fruits et légumes. La panique engendrée par les autorités allemandes et relayée par les instances européennes en accusant, à tort, des concombres espagnols a eu l'effet d'une « bombe à fragmentation ».

Cette information infondée a dévasté la confiance des consommateurs provoquant un arrêt brutal des achats de concombre mais aussi tomate et salade… dans toute l'Europe, stoppant les importations russes de fruits et légumes européens et créant une suspicion sur d'autres marchés d'exportation (Etats-Unis, Canada, Koweit, Emirats arabes…). « Pendant la crise, les ventes de concombre dans certains pays membres ont chuté de 80-100 %, 50-80 % pour les tomates, 50 % pour les salades », mentionne l'association européenne Freshfel.

En Europe, Freshfel annonce, à titre indicatif, des pertes de 80 millions d'euros par semaine de crise pour les Pays-Bas, 30 millions en Allemagne et en France, quatre millions en Belgique, trois millions au Portugal. De plus, la fermeture du marché russe aurait coûté 25 millions d'euros aux exportateurs européens sur un marché qui en 2010 a représenté 580 000 tonnes de fruits et légumes pour une valeur de plus de 400 millions d'euros. L'association européenne avance un cumul de pertes d'un milliard d'euros pour l'ensemble de la filière alors que le montant de l'aide n'est que de 210 millions d'euros.

Lire notre article sur Réussir Fruits & Légumes n° 114

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier