Fruits et légumes : Bruno Le Maire promet un « plan de soutien immédiat » aux producteurs

B.BOUCHOT d'après AFP

Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a promis « un plan de soutien immédiat » en faveur des producteurs de fruits et légumes, sans le chiffrer, à l'issue d'une réunion visant à calmer la colère des agriculteurs sur le remboursement des aides publiques.

Les objectifs du plan de soutien

Ce « plan de soutien immédiat » prévoit notamment la prise en charge de cotisations sociales et de charges financières liées aux emprunts, a expliqué le ministre qui n'a avancé aucun montant. Il a par ailleurs évoqué la prolongation pour un week-end au mois d'août des ventes au déballage sur les parkings des supermarchés « afin d'écouler la production française ». La grande distribution a « promis de jouer le jeu », a-t-il affirmé. M. Le Maire a souhaité aussi s'attaquer aux « problèmes structurels » de la filière, estimant qu'elle souffrait « de problèmes de compétitivité liés notamment à la question du coût du travail ».


Une « réunion technique avec l'ensemble des acteurs de la filière » se tiendra jeudi 6 août au ministère avec les services administratifs et le cabinet du ministre pour préciser les mesures à prendre. Une autre réunion se tiendra en septembre pour trouver « des solutions constructives et pérennes » à cette question, a indiqué le ministre.

Projection PAC 2010

« Nous n'y parviendrons pas contre l'Europe. Nous y parviendrons dans le cadre européen », a affirmé M. Le Maire, en référence aux quelque 500 millions d'euros d'aides publiques versées par l'Etat aux producteurs entre 1992 et 2002 et dont Bruxelles réclame le remboursement, les considérant anti-concurrentielles.

« J'ai fait le choix de solder les comptes du passé », a dit le ministre, rappelant le « rendez-vous essentiel » qui aura lieu au début 2010 pour les premières négociations de la prochaine politique agricole commune (PAC). « Nous devons aborder ce rendez-vous en position de force », a-t-il ajouté. Le ministre a toutefois précisé qu'il négocierait avec la Commission européenne une baisse des remboursements et « défendrait les intérêts des producteurs ». « Je conteste formellement le chiffre de 500 millions » d'euros, qui est « largement surévalué », a-t-il poursuivi.

Réaction des producteurs et syndicats

Les producteurs de fruits et légumes, qui refusent de rembourser des centaines de millions d'euros d'aides, ont décidé de maintenir la pression sur le gouvernement malgré la promesse d'un « plan de soutien immédiat » et de l'examen des « problèmes structurels » de la filière.

Ce n'est pas aux agriculteurs de « payer les erreurs de l'Etat français », a dit pour sa part le secrétaire national de la Confédération paysanne André Bouchut à la fin de la réunion. Les maraîchers ont vu leurs revenus baisser de 15% en 2008 tandis que ceux des arboriculteurs ont dégringolé de 37%. Toutes productions confondues, les agriculteurs ont vu leurs revenus chuter de 20%. Une situation qui exacerbe les réactions du secteur agricole, par ailleurs inquiet de l'avenir de la politique agricole commune (PAC) dont jusqu'à maintenant les agriculteurs français ont été les premiers bénéficiaires.

Délai d'attente accordé par la Commission européenne

La France aura jusqu'au 29 septembre pour répondre à la Commission européenne concernant les aides versées illégalement par l'Etat . La Commission avait donné à la France jusqu'au 29 juillet pour identifier les bénéficiaires de ces aides, les montants perçus et la manière dont ces aides illégales seront recouvrées.

Source AFP

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