La tomate - 2014 : favorable à la spécialisation

Fabien Barrabe

La tomate - 2014 : favorable à la spécialisation

Dans un contexte de crise du secteur des fruits et légumes, la tomate n’a pas échappé à des cours moroses sur l’été. Néanmoins au regard du contexte de l’ensemble de la filière légumes frais, la tomate semble moins impactée, particulièrement pour les productions sous serres chauffées qui auront pu compenser une partie du déficit en début et fin de saison.

Progression des rendements sous serres chauffées

La production française de tomates pour le marché du frais est estimée à 580 000 tonnes, soit une hausse estimée proche de 2 %, bien que les surfaces soient en baisse constante ces dernières années, - 4 % sur les cinq dernières années. Comme pour les campagnes 2 012 et 2013, la baisse des surfaces est contrebalancée par une progression des rendements dans les surfaces sous serres chauffées.

Les installations sous serres froides sont responsables de la baisse observée des surfaces. Ainsi, les implantations sous serres chauffées diminuent de manière peu significative mais les cultures sous serres froides perdent presque 10 % de leurs superficies. Dans la majorité des régions, les cultures de plein air demeurent stables en surface.

Néanmoins, l’évolution des surfaces n’est pas homogène entre les régions. La baisse des superficies se confirme particulièrement dans le Sud-Est alors que les exploitations de l’Ouest, notamment au nord de la Loire résistent à cette tendance.

Les quantités récoltées sont en progression par rapport à l’année 2013, de même que 2  012. Elles parviennent ainsi à retrouver le niveau de la moyenne quinquennale. La production de tomate grappe, entièrement réalisée sous serre, représente 45 % des volumes récoltés. Ces variétés sont particulièrement implantées sous les serres de Bretagne. Elles atteignent 60 % des quantités produites dans cette région contre seulement 18 % en Aquitaine.

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La tomate - 2014 : favorable à la spécialisation

Calendrier de production

La précocité de la production au cours de cette campagne a été particulièrement apparente lors des récoltes d’avril. Au printemps, les quantités mensuelles récoltées sont demeurées très proches de celles de la campagne précédente.

Après un printemps précoce avec une luminosité et des températures favorables, les productions sous-serres sont en hausse par rapport à celles de la campagne précédente. À l’opposé, les intempéries et la chute des températures en juillet et en août ont pénalisé les cultures de plein air avec une baisse des rendements par rapport à 2013 et à la moyenne quinquennale.

Le solde entre les volumes importés et exportés respecte la tendance des années passées avec néanmoins un solde plus positif sur juillet et août, alors que la pression semble plus marquée sur le printemps. Nous pouvons imaginer que l’augmentation de la production sous serres chauffées au détriment des serres froides est similaire dans les autres pays européen

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Un été particulièrement morose

En début d’année 2014, le premier trimestre a été marqué par un commerce extérieur dynamique. Que ce soit pour les importations mais également pour les exportations, les volumes sont chaque mois en forte hausse.

Dès avril l’accroissement de l’offre et une demande plus modérée, sous l’effet d’une météo plus maussade, provoquent un repli des cours plus rapide que la baisse saisonnière. Un léger sursaut de la demande s’est fait sentir en juin, avant de connaître un été particulièrement maussade. Les quantités disponibles sont abondantes et les concessions de prix se succèdent. Les cours plongent au-dessous de la moyenne quinquennale, en repli par rapport à ceux de 2013. La timidité de la demande depuis le début de campagne est accrue par des conditions climatiques peu favorables à la consommation. Les variétés rondes et grappes, qui représentent la majorité des quantités proposées, sont particulièrement concernées par la baisse des cours mais les variétés anciennes ou cocktails, qui avaient mieux résisté à la baisse en début de campagne ont également subi une chute de leurs prix.

L’annonce de l’embargo russe dans ce contexte déjà morose a amplifié le inquiétudes. Pour autant, dès la deuxième quinzaine d’août la météo favorable a réorienté la consommation à la hausse. Ajoutés à la faible production, notamment des jardins familiaux, les cours sont repassés au-dessus de la moyenne quinquennale.

Au final, les producteurs les plus impactés sont ceux qui produisent sous serres froides ou plein-air, les volumes produits ont été commercialisés en période de cours dépréciés. Les producteurs sous serres chauffées qui sont présents au moins 8 à 9 mois sur l’année ont quant à eux pu bénéficier des périodes d’embellies des cours

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Un marché de plus en plus atomisé

Ces tendances de marché sont globales mais ne reflètent pas nécessairement la position de chaque segment de marché. La production française apparaît très segmentée, marquetée et se vend d’abord en grandes surfaces. L’origine France semble mieux rémunérée, en lien avec les efforts qualitatifs des opérateurs. De nombreuses marques sont proposées : Savéol, Les Paysans de Rougeline, Océane, Solarenn, Jardin de Rabelais, Prince de Bretagne pour ne citer que les plus connues. La diversité de produits est importante, avec de petits calibres (tomates cerise, cocktails), des variétés anciennes comme la coeur-de-boeuf, la noire de Crimée ou l’Ananas. L’innovation dans les emballages apporte une bonne présentation, des conseils d’utilisation, un usage nomade et la mise en valeur de la marque.

Source : cerfrance - Lettre Veille Economique - décembre 2014 - n° 40

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