Le nord de la France bat des records de froid

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Le nord de la France bat des records de froid

Les températures dans le nord de la France sont historiquement froides et des records ont été franchis dans plusieurs villes. Côté production agricole, les fruits de saison se font attendre et les consommateurs aussi.

Pas plus de 0°C à Lille ou Rouen ce matin à 7h, 2°C à Aurillac, Brest ou Strasbourg, 3°C à Paris, 4°C à Bordeaux et guère plus de  9°C à Nice et 10°C à Perpignan.... . « La France est toujours sous l'influence d'un anticyclone s'étendant de l'Islande à la Russie et aux îles britanniques », explique MétéoServices dans son bulletin publié ce matin sur Pleinchamp

Avec en moyenne 1,5 degrés de moins que les moyennes saisonnières en mars, du jamais vu depuis 1987, le printemps se fait donc attendre, et le phénomène devrait encore durer, au moins jusqu’au week-end prochain. A Lille, Beauvais, Strasbourg, Nancy, Caen, Cherbourg et Brest, il n'a jamais fait aussi froid depuis le début du siècle ! Météo France explique que "la dernière décade de mars, du 21 au 31, est la plus froide jamais observée depuis le début des mesures", rapporte l'AFP.

 Mais où sont les asperges ?

Le froid ralentit le développement des productions de saison et fait craindre aux agriculteurs des pics de production lorsque le printemps aura repris ses droits. Dans le Nord, les semis sont en retard dans les champs pour les poireaux, carottes, oignons, salades, détaille Anne-Cecile Delavallade, à l'interprofession des fruits et légumes frais (Interfel).

Pour le consommateur, "les conséquences sur les prix sont variables selon les produits": les poireaux se vendent plus chers tandis que la carotte se maintient à des prix "faibles" car les Belges avaient gardé des carottes au frigo et les Landes sont moins touchées par le froid, selon elle.

S'agissant des produits de saison, l'asperge a au minimum 10 à 15 jours de retard en Alsace  et le marché est alimenté par quelques produits du sud-est. Dans les Landes, grosse région productrice, elles sont aussi en retard avec un mercure anormalement bas et un excès de pluie.

Jacques Rouchaussé, président des producteurs de Légumes de France redoute un scénario de surproduction. "Quand vous plantez à semaine régulière, vous échelonnez votre récolte. Quand vous plantez d'un coup, un surplus de produits" est à craindre. Mais, "si ce froid perdure, et qu'on perd de la récolte, on peut avoir de la rareté sur des produits", qui entraînerait à l'inverse une hausse des prix, envisage-t-il.

Dégâts de gel dans l’Hérault

Quoiqu’il en soit, pour l’instant, le consommateur aussi, manque à l'appel. "On commence à avoir quelques gariguettes du sud-est ou sud-ouest" mais "la consommation n'est pas là" car le froid pèse sur les habitudes alimentaires, relève-t-on à l'interprofession.

Du côté des arboriculteurs, on déplore quelques dégâts dans le sud-est. Les variétés à floraison précoces  de pêchers et abricotiers sont notamment touchées par le gel  dans l'Hérault, une partie du Gard et  le sud de la Drôme. Mais on ne connaît pas encore l'ampleur des dégâts  qui restent  très limités en volume.

Globalement, la floraison a du retard mais c'est préférable à une floraison précoce qui expose les fleurs au gel. Les viticulteurs, eux  aussi, ne sont pas trop inquiets. "Sur la vigne, on a toujours peur que ça débourre trop tôt avec les gelées du matin en avril et les Saints de glace en mai", commente Michel Issaly, président des Vignerons Indépendants.  En 1991, des gelées fin avril avaient détruit un tiers de la récolte. La profession s'en souvient encore.

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