Les producteurs d’endives « désabusés, voire révoltés »

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Les producteurs d’endives « désabusés, voire révoltés »

La Fédération nationale des producteurs d’endives et 'Légumes de France' s’insurgent, dans un communiqué, de l’annonce de la décision de l’Autorité de la Concurrence qui condamne les producteurs d’endives à une amende de 3,6 millions d'euros pour entente illicite.

« Nous sommes, producteurs d’endives, désabusés, voire révoltés à l’annonce de la décision de l’Autorité de la Concurrence ! Cette dernière nous accuse de nous être entendus sur les prix pendant 14 ans… Pourquoi dans ce cas, alors que nous étions 5.000 en 1990, nous sommes aujourd’hui 530, avec 30% de baisse des volumes mis en marché ? » s’interrogent les producteurs qui signalent que dans le même temps le prix payé au producteur a stagné et les charges ont explosé.

Ce qui les choque, selon eux, c’est d’abord de s’entendre dire qu’ils ont agi avec l’intention de nuire au consommateur et de faire croire que c’est grâce à la « puissance d’achat de la grande distribution », que l’effet de ses pratiques sur le prix payé consommateur est resté limité.

« Regardons la réalité en face et parlons de la puissance d’achat de la grande distribution ! » rétorquent-ils. Ils soulignent que, selon l’Observatoire des Marges, la moyenne des marges brutes au détail en GMS sur l’endive, pour la période 2000-2010, est de 1,24€/kg ! Ce chiffre correspond à la différence entre le prix payé par le consommateur, en moyenne de 2,20 €, et le prix à l’expédition de 0,96 €. « Belle valorisation pour une rémunération au producteur quasi nulle en passant encore sous silence la rémunération du capital investi ! » clament les organisations professionnelles qui regrettent que face à ces difficultés, les Pouvoirs Publics ne leur donnent pas les moyens de s’organiser.

« Nous voulons seulement vivre de notre métier, installer de jeunes producteurs, maintenir les milliers d’emplois locaux que nous générons et répondre aux attentes du consommateur ! » concluent-ils.

De son côté, la Coordination Rurale  demande à l'État de clarifier  sa politique et de dire clairement ce qu’il veut : "préserver suffisamment de producteurs en leur permettant de se regrouper face à l’oligopole de la grande distribution pour vendre leurs produits à un prix rémunérateur, ou faire sans cesse baisser leurs prix sous prétexte de libérer du pouvoir d’achat aux consommateurs pour d’autres biens  de consommation.".
 

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