Marseille : Prix des pommes : le ver est dans le fruit, selon des professionnels

La pomme, en pleine récolte dans le midi de la France, voit son prix s'effondrer alors que le marché est inondé de stocks d'invendus qui sont bradés, a-t-on appris auprès de la Coordination rurale et du marché d'intérêt national de Châteaurenard (Bouches-du-Rhône).

« Le marché de la pomme est un marasme total, pire que l'année noire de 2005 », a déploré le syndicat agricole dans un communiqué. La Coordination rurale évoque des chiffres « sans appel » sur le marché d'intérêt national (MIN) de Châteaurenard, inférieurs à 20 centimes d'euro le kilo pour des pommes vendues 1,80 euro le kilo aux consommateurs et dont le prix de revient est estimé à 33 centimes le kilo.

« Ce matin, un producteur de Rognonas (au sud d'Avignon) a vendu ses pommes 17 centimes le kilo », a confirmé Jean-Louis Kerrien, directeur du MIN. « En pleine récolte, le marché est complètement mort avec des prix catastrophiques, pire qu'en 2005 », année où pommes et poires s'étaient très mal vendues, a-t-il ajouté.

Selon la Coordination rurale, « le marché est saturé par des centaines de tonnes de pommes françaises de l'année 2008, déstockées à des prix dérisoires
(7 centimes le kilo) et des milliers de tonnes de pommes d'importation, y compris des produits d'une qualité abjecte ».

Les pommes stockées viennent, en France, du Limousin et des Alpes, et les pommes importées viennent « d'Afrique du Sud, du Chili, d'Argentine, d'Australie, voire de Chine », a précisé le directeur du MIN, pour qui ces fruits restent mangeables malgré les mois passés en chambre frigorifique.

Les stocks sont importants car « le niveau de vente n'a pas été bon pendant tout l'hiver » et ils sont actuellement écoulés à prix cassé auprès « des centrales dont l'intérêt est d'acheter le moins cher possible », c'est-à-dire des fruits de 2008 plutôt que de 2009, a-t-il poursuivi. Selon le directeur du MIN, « ce qui va se passer, c'est que de nombreuses exploitations vont faire faillite ». « A ce rythme, il n'y aura bientôt plus de pommes françaises, faute d'arboriculteurs. Certains vergers n'ont pas été ramassés: sans prix, les arboriculteurs ne vont même pas cueillir leurs pommes qu'on va laisser pourrir », déplore la Coordination rurale.

Source AFP

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Commentaires 1

CSCA762

si les pommes étaient meilleurs ont en mangeraient plus

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