Pulvérisation de nuit : des coûts salariaux et de la pénibilité en plus

S C

Pulvérisation de nuit : des coûts salariaux et de la pénibilité en plus
(Photo Hardy)

Stéphane Le Foll s’apprêterait à publier un arrêté qui imposera de traiter les cultures en floraison avec des produits insecticides et acaricides, uniquement au coucher du soleil et durant les trois heures après le coucher du soleil. Les syndicats agricoles réagissent !

Les conclusions de l’ANSES

Dans son rapport, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) conclut que : « compte tenu de la forte variabilité des températures en deçà desquelles il n’y a pas d’activité de butinage chez l’abeille mellifère, seule la luminosité peut être proposée comme condition indicatrice de l’absence d’activité de butinage des abeilles domestiques. Selon elle, « il conviendrait donc que, quel que soit la culture concernée, les traitements phytopharmaceutiques bénéficiant d’une dérogation, ne puissent être appliqués qu’après l’heure de coucher du soleil telle que définie par l’éphéméride et dans les trois heures suivantes, dans des conditions permettant d’assurer la sécurité et la santé des opérateurs ».

Voir l’avis complet : www.anses.fr/sites/default/files/documents/PHYTO2013sa0234.pdf

Pour la Coordination Rurale, « cette décision frise le ridicule »... Dans un communiqué, le syndicat précise que les produits insecticides applicables sur des cultures en fleurs sont déjà porteurs d’une mention «abeilles» qui leur est accordée lors de l’autorisation de mise sur le marché (AMM). « Si malgré cette mention, il était avéré que ces produits soient finalement toxiques pour les abeilles, il y aurait eu de la part du ministère de l’Agriculture une tromperie d’une extrême gravité », estime-t-il.

De son côté, les producteurs de fruits et légumes (FNPFL) rappellent eux- aussi l’existence de cette « mention Abeilles » et assure que les arboriculteurs la respectent et qu’ils ont même anticipé cette réglementation en faisant évoluer leurs pratiques, notamment en répondant au cahier des charges de la Production Fruitière Intégrée.

L’ITSAP-Institut de l’abeille, qui se réjouit de cette décision, juge quant à elle que  « l’intitulé de ces mentions est imprécis et sujet à différentes interprétations par les cultivateurs ».

Traiter entre 21h et minuit

Cette proposition du ministre amènerait les agriculteurs à appliquer les traitements entre 21h et minuit. « A ces horaires, les tarifications de main d’œuvre sont plus élevées et une restriction dans le temps des heures de traitement obligera à un sur-dimensionnement des outils de pulvérisation sans compter les troubles de la vie familiale qui peuvent en découler », estime la CR.

« A l’heure où l’on met en place un système de protection renforcée des travailleurs face à la pénibilité, cette mesure contraindrait les agriculteurs à travailler de nuit, un des 10 facteurs de pénibilité. Où est la cohérence ? » soulève également la FNPFL qui estime que le ministre s’oriente vers des décisions qui vont à l’encontre de la compétitivité.

FOP : un "arrêt de mort" pour la féverole

Les  producteurs d’oléagineux et de protéagineux de la FOP regrettent de leur côté que le critère relatif au seuil de température n’ait pas été retenu et affirme  que  la solution retenue signe quasiment l’arrêt de mort de la culture de la féverole en France du fait de l’impossibilité qu’il y a de procéder aux traitements indispensables au moment nécessaire.

 

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Commentaires 17

alfred

c,est vraimentn,inporte quoi de la part du ministre les abeilles butinent a unecertaine temperature donc on peut parfois traiterla journee a faire suivre S V P .

PAVOT9014

De la part du Rucher du Raybois zone montagne préservée en biodiversité et autres pesticides et insecticides .Il ne s'agit pas d'opposer agriculteurs et apiculteurs , il s'agit de protéger l'abeille au même titre que la truite dans les rivières .Les traitements nécessaires des cultures s'ils sont faits à la tombée de la nuit permettent de limiter la casse sur les abeilles qui butinent en journée et restent à la ruche la nuit . Agriculteurs vous savez que vous avez besoin des abeilles pour polliniser vos récoltes . Il me semble que lorsque la récolte est là , des faneurs , moissonneuses etc tournent la nuit .... là ce n'est pas pénible de récolter quand le blé rentre....alors un petit traitement à la tombée de la nuit bien dosé c'est plus efficace que tout , la nuit les plantes absorbent mieux qu'en journée ....revoir la biologie et la photosynthèse .....merci à ceux qui liront avec attention

foldingo

Mais voyons on te dit que ça n'est pas dangereux....vas y mon gars triple la dose...
justement olivier ça devient un problème si on triple la dose...
Le surdosage est hors autorisation, le sous dosage à terme crée des résistances; c'est peut être le drame avenir pour des raisons économiques ou de plan ecophyto le sous dosage

stopfolle

Ce n'est pas forcément en travaillant la nuit qu'il y a plus de dérive.
je constate que l'agriculteur qui a beaucoup de surface traite souvent en conditions limites.
C'est souvent le turboleader qui n'a qu'un programme passe partout...pas le temps de bidouiller avec un quart de tonneau...compression des charges obliges.
le malheur c'est que celui qui bichonne créve.
Une application soignée demande de la vigilance pour moi incompatible avec le travail de nuit.
Pour les abeilles, une lutte sérieuse contre le varroa, maîtrise du frelon asiatique, avoir une politique agricole qui permette des cultures nectarifères vraiment rentables.
Pourquoi les apiculteurs ne mettent pas en place, d'eux même, des cultures relais favorables à leurs abeilles;...quelque part, l'apiculteur glane sur le bien des autres...
Cela ne me dérange pas, les abeilles sont aussi l'allié de mes cultures.
Pour ces raisons l'apiculteur n'a pas à fustiger l'agriculteur.
je trouve dommage que l'apiculture ait opté pour le combat politique plus tôt que de faire oeuvre de pédagogie avec l'agriculture en éduquant sur le rôle bénéfique du pollinisateur.
pourquoi, l'apiculteur ne propose pas une "location" quand il veut installer des ruches prés de mes tournesols.
pourquoi, je devrai laisser les pucerons envahir mes tournesols pour sa bonne miellée!...
le climat en france devient détestable, au lieu de développer le respect de chacun nos politiques ne savent plus que légiférer, interdire au détriment finalement de la personne responsable

@hubert

Un de plus qui a un voisin en bio , pleinchamp est formidable on a l'impression qu il y a 50% d agri bio tellement de gens utilisent dans leur commentaire le dénigrement de leur voisin en bio
Ton bilan carbone comparatif tu peux le ranger des ton passage d ammonitrate
Quant limaces même certains conventionnel préfère ressemer plutôt que de tuer vers de terres et carabes
Enfin bref , je ne t en dis pas trop ton monde risquerait de s ecrouler

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