Sécheresse : Fruits et légumes d'été en avance sur les étals

Arielle VERLEY, AFP

Cerise, fraise, abricot, pêche, fenouil, salade, carotte, poireau primeur: avec la chaleur de ces dernières semaines, fruits et légumes d'été débarquent en avance et à profusion sur les étals, une situation qui devrait être difficile pour les producteurs, mais profiter au consommateur.

Céréaliers et éleveurs de bétail ne sont pas les seuls à pâtir de la sécheresse et des températures élevées. Arboriculteurs et maraîchers, dont la production est très sensible au marché puisqu'elle est difficile à stocker sur une longue période, sont aussi fortement dépendants des aléas climatiques.

« Nous avons déjà démarré pour les cerises. Cette semaine ce sera au tour des abricots, avec une avance de 10 à 15 jours », affirme Nathalie Bonnet, à la tête d'une exploitation de 300 hectares à Generac, près de Nîmes. La qualité est au rendez-vous ainsi que les volumes qui se tiennent, en revanche les prix de la cerise, eux, « ont fortement chuté » ces derniers jours, souligne la productrice. Selon elle, ce plongeon s'explique par une arrivée massive de fruits sur le marché, particulièrement réceptif à l'offre et la demande.

Les arboriculteurs ont les yeux tournés vers la production de pêches et nectarines, principaux fruits consommés par les Français, mais fragilisée par des crises à répétition. Là aussi, la récolte devrait commencer début juin, avec 10 à 15 jours d'avance. Un premier pic de production est attendu mi-juin, souligne Nathalie Francq, responsable de l'association nationale des producteurs. Son « gros souci » est que la grande distribution accepte de les mettre en rayon dès la mi-juin, sinon « nous aurons un gros problème d'écoulement », insiste-t-elle.



Les producteurs de légumes sont aussi en alerte

« On arrose comme en plein mois de juillet », affirme Angélique Delahaye, présidente de Légumes de France, la branche spécialisée de la Fédération nationale des Syndicats d'Exploitants agricoles. Elle-même productrice de légumes, elle s'inquiète des « surcoûts » pour l'irrigation. La productrice craint aussi les restrictions d'eau, d'ores et déjà décidées dans une vingtaine de départements. Elles mettent en danger les productions de plein champ (salade, chou-fleur, céleri, fenouil, radis, carotte, navet, poireau).

Pour les prix, elle ne se fait pas d'illusion. « En salade, on vend déjà en deçà du coût de production », affirme-t-elle, avant d'expliquer que ce légume s'enracinant sur cinq centimètres seulement, il a justement besoin de beaucoup d'eau.

Maraîcher dans une exploitation près d'Angoulême, Gaël Landais, 25 ans, qui vend une partie de sa production au réseau du « petit producteur », irrigue depuis la mi-avril ses haricots verts. « Normalement on arrose jamais avant juin », affirme-t-il. Lui non plus n'est pas certain de répercuter le coût supplémentaire : « C'est le marché qui le dira ».

Côté distributeur, on reconnaît que certaines productions « risquent de se bousculer sur les étals », selon Mathieu Pecqueur, responsable de la filière agroalimentaire à la Fédération « Commerce de Détail ». « Il va y avoir collision entre la production espagnole qui normalement arrive en avant-saison puis les Français qui prennent la relève. Là, le problème est que tout va arriver en même temps », selon le porte-parole de Système U, Thierry Desouches.

De quoi perturber les marchés avec « la crainte de voir baisser les prix », fait valoir Bruno Dupont, président de la Fédération nationale des Producteurs de Fruits.

Publié par Arielle VERLEY, AFP

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