Sival 2017 : les producteurs de fruits et légumes sous pression

Lise Monteillet

Sival 2017 : les producteurs de fruits et légumes sous pression

Le Sival met à l’honneur les nombreuses innovations dans le secteur des productions végétales spécialisées, du 17 au 19 janvier, à Angers. Ce salon démontre le dynamisme de ces filières, qui peinent cependant à rester compétitives face à la concurrence étrangère.

« Au Sival, je me ressource pour les combats de l’année », confie Jacques Rouchaussé, président des producteurs de légumes de France. En ce jour d’ouverture du salon, les professionnels tiennent à rappeler le dynamisme des productions végétales spécialisées, un secteur où les innovations sont nombreuses. « Les entreprises croient en l’avenir », ajoute Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, qui voudrait arrêter d’entendre « c’était mieux avant ». Au contraire, elle souligne que « l’innovation permet de produire plus et mieux ».

Selon la représentante syndicale, la France régresse dans le domaine de la compétitivité, citant « le terrible 4 x 7 ». « Sur les 11 premiers mois de l’année 2016, nous avons laissé entrer 7 % d’importations en plus dans les filières des légumes, des fruits, de la viticulture et des produits transformés », explique-t-elle. Les surfaces consacrées au maraîchage reculent en France. « Il faut stopper cette hémorragie » renchérit Jacques Rouchaussé, qui déplore que 53 % de légumes soient importés.

Des freins sur l’emploi

Christiane Lambert estime que les productions végétales spécialisées font face à deux freins principaux : le coût du travail et la problématique environnementale. Et Jacques Rouchaussé de comparer le coût du travail entre la France et d’autres États européens : « 13,50 euros, c’est le coût de l’emploi en France, alors qu’il est de 8,50 euros en Allemagne et de 2,50 euros en Pologne ».

Le compte pénibilité a également du mal à être accepté par la profession agricole. « Stop, on arrête avec la pénibilité », lâche Jacques Rouchaussé, qui estime qu’on « trompe » l’ouvrier. Selon lui, un salarié doit en effet être exposé pendant 25 ans à un facteur de pénibilité, pour gagner seulement quelques mois de travail. Sans compter que l’évaluation des risques liés aux postures et aux vibrations est difficilement applicable en agriculture, selon Christiane Lambert. « On n’a pas été jusqu’au bout de la négociation sur le sujet », précise-t-elle.

Besoin d’harmonisation

Concernant l’environnement, la vice-présidente de la FNSEA appelle à plus de pragmatisme. « Nous ne comprenons pas que les conditions de mise en marché des produits phytosanitaires ne soient pas les mêmes selon les pays européens », souligne-t-elle. Certains producteurs sont aujourd’hui confrontés à des « impasses techniques », conduisant à la délocalisation de la production de fruits et légumes chez nos voisins européens. « Les khmers verts, je commence à en avoir ras le bol », fustige Jacques Rouchaussé. « L’écologie n’appartient pas à un parti politique, c’est l’affaire de tous. D'ailleurs, nous n’avons pas attendu les ministres de l’agriculture et de l’écologie pour faire de l’agroécologie », argumente-t-il, en citant les efforts réalisés par la filière des légumes concernant la protection biologique intégrée. 

Un secteur en manque de reconnaissance

Les deux représentants professionnels espèrent faire passer tous ces messages auprès des candidats à l’élection présidentielle. Pour le président des producteurs de légumes de France, 2017 sera « une année décisive ». Christiane Lambert attend « de la considération » de la part des hommes politiques, et non de « la compassion ». Pour Bruno Dupont, le président du Sival, la voix de la profession n’aura une chance d’être entendue que si elle passe par le consommateur. « Il ne faut pas oublier de faire la connexion avec le citoyen », insiste-t-il enfin. 

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Commentaires 4

agrume856

tu ferais mieux de prendre JACQUES ta retraite car depuis 20ans que je te connais beaucoup de bla bla et de comparatif mais pas de valeurs ajoutée sur mes legumes ton indemnitée a t elle baissé ?

salade

pour le goulot : que produisez vous pour critiquer ? la perte de gout vient avant tout du stockage en frigo à moins de 10 ° , le manque de gout aux variétés choisies ;

ESCHENMANN PHILIPPE OU MME "CLOCHE215"

il n'y a que les producteurs qui sont sous pression et personne d'autre; comme d'habitude....

le goulot

je ne veux surtout pas manger les tomates que cueille cet homme en rouge car elles n'ont jamais eu les racines dans la terre,pas vu le soleil.Elles sont insipides,triste fruit!!

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