Trois options pour introduire des ovins dans un verger

Lise Monteillet

Trois options pour introduire des ovins dans un verger

Arnaud Dufils, chercheur à l’Inra d’Avignon, a réalisé une enquête auprès des arboriculteurs ayant fait le choix d’introduire des moutons en verger basse tige. Celle-ci a été présentée lors du Sival, à Angers.

1. Pâturage temporaire

Dans ce premier cas de figure, le pâturage dure de quelques jours à quelques semaines. L’arboriculteur sollicite un berger afin de profiter des ovins pour entretenir l’enherbement, de la récolte jusqu’au débourrement. L’objectif est de limiter le pâturage à certaines périodes afin d’éviter les dégâts d’animaux sur le verger. Cela permet aussi de ne pas intervenir dans les vergers quand les ovins sont présents.

La relation entre l’arboricuteur et l’éleveur est souvent « informelle » selon Arnaud Dufils, cela requiert « une bonne communication » entre les deux. L’arboriculteur peut espérer économiser au moins un fauchage en hiver.

2. Pâturage temporaire avec troupeau

Dans cette seconde configuration, l’arboriculteur élève son propre troupeau d’ovins, constitué de « 20 à 60 brebis » dans la plupart des cas, observe Arnaud Dufils. Là encore, l’idée est d’entretenir l’enherbement et de lutter contre les bioagresseurs, en faisant pâturer le verger de la récolte jusqu’au débourrement.

Il est courant de pratiquer un pâturage tournant, qui comprend des parcelles de repli quand les animaux ne sont pas dans les vergers. Ce système demande un parcellaire regroupé pour simplifier le déplacement du troupeau. En outre, l’agriculteur devra faire appel à des réseaux spécifiques à l’élevage, comme un vétérinaire, un abattoir, etc. La présence des ovins peut enfin conduire l’arboriculteur à modifier son planning d’interventions. Mais elle offre aussi la possibilité d’un revenu économique supplémentaire. D’autant que l’introduction de brebis ne demande pas de modification majeure de la structuration du verger.

Il a été observé une consommation de brindilles couronnées en partie basse des arbres, mais à des niveaux de pertes acceptables. Il est conseillé d’éviter les parcelles jeunes, c’est à dire de moins de cinq ans, ou en année de surgreffage lorsque la hauteur est inférieure à 1,20m.

3. Pâturage permanent

La pâturage permanent est une solution pour les arboriculteurs qui font de la lutte contre les bioagresseurs (campagnols, tavelure) leur motivation principale. Le chargement moyen observé est de 3-4 moutons par hectare. Les animaux sont retirés seulement au moment de la récolte. Le pâturage est parfois tournant, parfois libre, même si ce dernier augmente les risques de parasitisme.

Les aménagements du verger sont plus conséquents : rehaussement des arbres, augmentation de la distance inter arbre, aménagement du système d’irrigation, allègement des palissages, interventions cupriques réduites, décalées ou substituées.

L’atelier d’élevage apporte un revenu nouveau. Il faudra néanmoins surveiller d’éventuels dégâts sur le verger. A ce propos, quelle est la meilleure technique pour éviter que les animaux s’intéressent aux arbres ? S’assurer qu’il y ait toujours assez d’herbe dessous. 

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires