Une manifestation contre l’écotaxe mais aussi pour l’emploi et pour la Bretagne samedi à Quimper

Une manifestation contre l’écotaxe mais aussi pour l’emploi et pour la Bretagne samedi à Quimper

Malgré la décision du gouvernement de suspendre l'écotaxe, agriculteurs, marins, transporteurs, artisans, commerçants, salariés des entreprises en difficultés sont attendus pour une manifestation samedi à Quimper, point d'orgue d'une mobilisation contre l'écotaxe, mais aussi pour l'emploi et pour la Bretagne.

Une semaine après la manifestation aux pieds du portique écotaxe de Pont-de-Buis (Finistère), qui a dégénéré en violents affrontements entre manifestants et forces de l'ordre, incitant le gouvernement à suspendre la mesure qui a cristallisé la colère en Bretagne, les appels au calme se sont succédé.

"On veut éviter les débordements, il faut que les choses se déroulent dans le calme et la dignité", a déclaré Christian Troadec, maire (DVG) de Carhaix (Finistère), à l'origine du collectif "Vivre, décider, travailler en Bretagne" qui a lancé l'appel à la manifestation.

Dans un rare communiqué commun, l'archevêque de Rennes, Pierre d'Ornellas, et les trois évêques de la région ont exhorté tous ceux qui connaissent "de graves difficultés et ressentent la colère, le désespoir ou la tentation de la violence", à "ne pas céder à cette tentation".

Des sources proches des autorités tablaient initialement sur la présence d'environ 10.000 personnes, une foule hétéroclite venant de tous les horizons --patrons, salariés licenciés, agriculteurs... coiffés comme la semaine dernière de bonnets rouges, symbole de la révolution antifiscale en Bretagne au XVIIe siècle.

Toutefois, la décision de suspendre l'écotaxe a satisfait un certain nombre d'acteurs économiques, dont le "Collectif des acteurs économiques de la Bretagne", qui affirme représenter 150.000 entreprises.

Pour la Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR), la suspension de la taxe poids lourds est aussi une "bonne nouvelle". La FNSEA, premier syndicat agricole, s'est aussi félicitée de cette décision.

"Tsunami social"

Reste que ces sentiments sont loin d'être partagés unanimement en Bretagne. Pour le collectif "Vivre, décider, travailler en Bretagne", seule est acceptable la suppression définitive de cette taxe, surnommée la "nouvelle gabelle" par ses détracteurs bretons. Prenant le contrepied de la fédération nationale, la FRSEA de Bretagne partage cette revendication et a appelé à manifester samedi.

"Produit en Bretagne", la plus importante association française gérant une marque collective de territoire et qui réunit plus de 300 entreprises, réclame elle aussi la suppression de la taxe. Et elle a appelé mercredi les 100.000 salariés de ces entreprises à participer à la manifestation.

"On a des appels de partout", confie M. Troadec. "On sait qu'il y a des bus qui vont venir des Côtes d'Armor, du Morbihan... Des mairies du nord-Finistère vont fermer plus tôt pour permettre à leurs agents d'aller à Quimper", dit-il, sans s'avancer sur la participation.

L'écotaxe, qui devait prendre effet le 1er janvier, arrive en outre au moment où la région traverse une crise et "un tsunami social", analyse Christian Troadec. "C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", renchérit Jacques Jaouen, président de la Chambre d'agriculture de Bretagne, qui sera présent à Quimper.

Depuis plusieurs mois, la liste des fermetures de sites, de restructurations, de licenciements, dans l'agroalimentaire et l'industrie, ne cesse de s'allonger

Chez le volailler Doux, les abattoirs de porcs Gad SAS, PSA, le leader mondial du saumon fumé Marine Harvest, ou encore Alcatel, la Bretagne "a perdu 8.000 emplois en un an dans les domaines industriels et agroalimentaires", des chiffres "tragiques", assure le maire de Carhaix. 

"Il y a aujourd'hui une colère bretonne", reconnaissait récemment le conseiller officieux du chef de l'Etat et maire de Quimper, Bernard Poignant, pour qui "tous les Bretons se sentent concernés" par la crise, question de "réflexes péninsulaires".

C'est pourquoi le rassemblement de samedi sera aussi placé sous le thème de la "Bretagne", a indiqué M. Troadec, militant quant à lui pour la régionalisation, la seule voie capable à ses yeux de répondre aux enjeux politiques et économiques, de libérer les énergies, la création, face à la mondialisation.

"Cette manifestation sera le cri des gens qui veulent vivre et voir vivre leur territoire", résume Jacques Jaouen.

Source AFP

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Commentaires 8

fairytales

je suis assez etonné que ce mouvement ne fasse pas contagion , chacun d'entre nous sent le ras le bol total et pas forcement d'Hollande mais de la politique en generale....ce pays a besoin d'une refonte totale d'une bonne revolution

coteau19

ya pas que les bretons c est toute la france qui est touché.pourtant les agriculteurs payent déja une ecotaxe sur les phyto et les consomateurs sur pas mal de produits.ont devrais taxer les produits importés qui pollus vraiment et ont les connais se sont ceux qui permettent a certaint de s enrichirent sur le dos des francais

fairytales

merci a bisounours et geo pour le commentaire rassurant de lucidité.... j'ai toujours du mal a voir les moutons pendant des decennies sous le joug de loups , se mettre a defendre les loups

jememare

à la différence de la tva sociale l'écotaxe est payé plus par les produits français que étranger et le contrat négocié avec écomouv est un scandale d'état .sinon dans le principe cette écotaxe est cohérente mais il faut trouver un autre moyen de collecte .

bisounours

La FNSEA , le MEDEF ,les coops , la chambre d'agriculture ,le CER , l'agroalimentaire , la distribution ..Tout les responsables et profiteurs , du système bretons à bout de souffle , ont trouvé un bouc émissaire pour se refaire la cerise : l'écotaxe !! En bons récupérateurs révolutionnaire ( on rêve ), ils font défiler le bon peuple breton qu'ils exploitent (en bonnet rouge ), pour demander quoi ? Suppression de l’écotaxe , certes , mais aussi baisse du salaire horaire ( car avec 1 SMIC , impossible d’être compétitif ..). Depuis 40 ans qu'ils cherchent à être compétitifs , ils n'ont pas réussi à faire mieux que ce grand grabuge ? Ils veulent encore serrer le citron plus fort , ils ont encore des solutions ..? Jusqu’à quand ? La Bretagne ne s'en sortira que si elle coupe le cordon ombilical avec cette pieuvre qui la suce . Y a du boulot ..

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