Virus de la sharka : Deux arboricultrices du Gard en grève de la faim

Elles ont le sentiment d'avoir « tout fait » pour lutter contre le virus de la sharka qui a ruiné leurs exploitations, mais lasses d'attendre une indemnisation à hauteur du préjudice subi, deux arboricultrices gardoises ont décidé d'entamer une grève de la faim.

Entre Bellegarde et Nîmes, Brigitte Bois et Catherine Larouzière, dont les exploitations ont été déclarées en liquidation judiciaire, ont installé deux tentes de camping, un canapé et des fauteuils, et cessé de s'alimenter depuis 9 jours.

« On estime qu'on est victimes d'une injustice, explique Brigitte Bois, 57 ans. »Cette grève de la faim, poursuit-elle, c'est le bout du bout d'une revendication, d'une colère, parce qu'on a demandé aux arboriculteurs de couper leurs arbres malades, qu'on ne pouvait pas replanter car à chaque fois le virus était plus virulent, et qu'on n'a pas été indemnisé ou très peu« .

Le virus de la sharka, qui n'infecte que les pêchers, abricotiers ou pruniers, est apparu dans le Gard il y a une vingtaine d'années. Touché, un arbre donne des fruits encore comestibles, mais impropres à la commercialisation. Seule contre-attaque possible : l'arrachage, obligatoire quand 5% des arbres, à l'époque, étaient contaminés.

»Au début de l'épidémie, en 1992-1993, les indemnisations étaient de 33.000 euros l'hectare, rappelle Brigitte Bois. Mais elles se sont réduites comme peau de chagrin« , jusqu'à tomber à 5.000 euros/ha. Son exploitation de 130 ha, qui employait jusqu'à 200 personnes pendant la saison, a alors périclité. Et en janvier 2010, le couperet est tombé : la liquidation judiciaire.

De nouveaux barèmes pour les arrachages


L'endroit, pour observer cette grève de la faim, n'a pas été choisi au hasard: ici s'étend un site de l'Institut national de recherche agronomique(INRA) que certains arboriculteurs soupçonnent d'avoir introduit le virus pour y mener des expérimentations et trouver des variétés résistantes. L'INRA a toujours assuré qu'il n'y avait « jamais eu de manipulation du virus » sur le site. Malgré une décision de justice en faveur de l'INRA, le doute subsiste dans l'esprit de ces agricultrices.

L'incompréhension des grévistes a redoublé avec l'annonce il y a une semaine, des nouveaux barèmes pour les arrachages: jusqu'à 25.000 €/ha pour un verger de pêches de 3-4 ans. Mais uniquement pour les arboriculteurs qui arracheront en 2011, explique Brigitte Bois.

Mercredi, le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a écrit aux deux femmes en les enjoignant de mettre un terme à leur mouvement qui les « met en danger ». Il leur a promis que les procédures en cours préserveront leurs maisons et les autres actifs, et que leurs dettes seront allégées « autant que possible ».

Source d'après AFP

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