Développement rural : Pommes Lomagne tonifie ses investissements

Pierre Passemard, conseiller d'entreprise

Pour la troisième fois de sa vie, la SARL Pommes Lomagne (Castelsarrasin, Tarn et Garonne) conforte son projet de développement par des subventions européennes et régionales.

Entretien avec Michel Arbia, co-gérant avec son épouse de cette entreprise spécialisée dans le conditionnement et la vente de pommes.

Quel est le projet de la SARL Pommes Lomagne ?

Depuis 1992, nous poursuivons le même but : adapter notre offre à la demande des marchés avec plus de variétés, plus de qualité et plus de services. Dans les faits, les variétés apportent les couleurs, les goûts et la nouveauté. La qualité est obtenue à la production, mais aussi grâce au tri, au calibrage et à la conservation. Nous intégrons de plus en plus de services pour les producteurs et pour les clients : réactivité à la commande, étalement sur l'année (présence sur le marché 12 mois sur 12), volume de stockage, nouveaux conditionnements.
Notre dernier projet porte sur un doublement de la capacité de production du froid, l'objectif étant de baisser rapidement la température des pommes dès leur arrivée à la station de conditionnement. En augmentant le volume des chambres froides et en jouant sur la rotation des stocks, nous augmenterons notre capacité de stockage et nous étalerons l'activité tout au long de l'année. Nous commençons également à investir dans les emballages, avec différents ensachages et barquettes… Il s'agit d'asseoir le développement de l'entreprise sur une qualité de plus en plus régulière, malgré un produit sujet à des variations parfois importantes, tant en quantité qu'en qualité..

Pour quelles raisons votre projet bénéficie-t-il de subventions ?

Notre SARL a tissé un lien privilégié avec une centaine d'entreprises de production à l'amont de la filière. Nous sommes même à l'origine, avec certains producteurs, de la création d'une Sica. Nous maîtrisons ainsi mieux les plantations et le renouvellement variétal. La qualité du produit est rigoureusement suivie par un technicien de l'Organisation de Producteurs.
Pour la troisième fois de sa vie, la SARL Pommes Lomagne (Castelsarrasin, Tarn et Garonne), conforte son projet de développement par des subventions européennes et régionales. Les producteurs, la SARL et notre réseau commercial partagent des intérêts communs. Nous sommes certifiés EUREP GAP, HACCP, et BRC, ce qui élargit notre potentiel commercial.
Nous réaliserons aussi des économies d'énergies en maîtrisant les coûts de main-d'oeuvre et de transport par l'optimisation du site : moins de location de frigos à l'extérieur, moins de transport et de manutention de pommes entre les sites. Nous continuons également à maîtriser la consommation d'eau nécessaire au lavage des fruits. Nous nous engageons enfin, dès la production, à maîtriser l'emploi des produits de traitement.

Que vous apportent concrètement ces subventions ?

Elles nous ont permis de nous lancer, d'aller de l'avant chaque fois que nous avons besoin de passer un seuil de développement. Elles nous aident à franchir le pas vers une nouvelle politique d'investissements et d'emploi.

Sur quels montants portent-elles ?

Nous avons d'abord l'idée de ce que sera le projet avant d'aller chercher des subventions. Globalement, sur chaque tranche d'investissement de 1 à 2 millions d'euros, les aides dépassent 20 %. Cette année, leur montant a fortement baissé. Nous avons malgré tout déposé un projet sur trois ans qui serait aidé à hauteur de 24 % du montant de l'investissement : 12 % de l'Europe, 12 % de la région. Pour la SARL, nous avons déjà perçu par le passé 400 000 € d'aide. Nous espérons obtenir dans les 500 000 € à 700 000 € sur le prochain programme. Le montant de ces subventions paraît important pour une seule entreprise.
Mais, en fait, c'est une centaine d'entreprises, adhérentes à 4 organisations de producteurs, qui sont concernées par le projet. Les retombées de ces subventions sont très importantes pour la SARL (19 emplois salariés en CDI plus une cinquantaine de CDD), mais aussi pour les employeurs et salariés des exploitations. Grâce à cela, une centaine d'entreprises trouvent et trouveront des débouchés pour leurs productions actuelles et futures.

On dit souvent que la recherche de subventions est contraignante. Qu'en pensez-vous ?

Dans la mesure où l'étude de faisabilité montre que le projet est réalisable, nous travaillons à la recherche des aides possibles. Les contraintes sont, en définitive, relativement faibles, même si des difficultés peuvent se présenter. Il faut maîtriser l'organisation générale du projet, connaître l'éventail des aides possibles, bien réaliser le dossier administratif. Tout doit être instruit avant de se lancer car il n'y a pas d'aide possible sur des investissements déjà réalisés. Il est également important de ne rien oublier dans la programmation. Actuellement, les financeurs veulent rendre leurs interventions plus cohérentes. De fait, ils les regroupent. C'est pourquoi, nous avons réalisé un projet qui porte sur trois ans. Cette réflexion à moyen terme sur le devenir de l'entreprise et de ses fournisseurs est intéressante.
Elle nous fait poser les bonnes questions : qu'est-ce que je veux investir ? Qu'est-ce que je peux investir ? Cela permet de classer les priorités. Et puis, on n'est pas obligé de tout faire. Les subventions sont versées à la réalisation, mais seulement si elles sont initialement inscrites lors du dépôt du projet.

Comment avez-vous utilisé les aides au fi l de l'essor de l'entreprise ?

Au début de la SARL, nous utilisions les subventions uniquement pour compenser la réalisation des investissements. Les 30 à 35 % acquis sur les premières tranches d'investissement nous permettaient d'accéder à un niveau d'équipement que nous ne pouvions pas amortir seul, ni avec une partie des producteurs. Maintenant, les subventions nous permettent davantage de passer d'un seuil de rentabilité à un autre, avec des investissements plus conséquents. En fait, nous couvrons les besoins en fonds de roulement avant d'atteindre le seuil de rentabilité des investissements nouveaux.

Source Conseil National CER France

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