Energie et agriculture : Ecofuel délivre ses premiers résultats

Raphaël Lecocq

Seconde par seconde, pendant 12 à 18 mois, la station des Cormiers (35) enregistre la consommation de 11 tracteurs disséminés dans des exploitations, Cuma et Eta. Premiers résultats tirés d'une exploitation laitière.

11 tracteurs représentatifs des usages et des structures d'exploitation de Bretagne, une dizaine de capteurs embarqués sur chacun, mesurant la consommation instantanée, le régime moteur ou encore la température des gaz d'échappement, des paramètres relevés automatiquement toutes les secondes, une étude courant sur 12 à 18 mois de façon à couvrir tous les utilisations des tracteurs, 30 millions de données à analyser : c'est Ecofuel. Porté par la station des Cormiers, une des six stations de recherche appliquée des Chambres d'agriculture de Bretagne, Ecofuel veut savoir où passe le fuel, qui représente 30 % (hors serres) à 50 % (avec serres) de l'énergie directe consommée par les exploitations bretonnes. L'objectif ultime est bien évidemment de pointer des potentiels d'économies.

3 tracteurs, 1000 heures, 6700 l de fioul

Cette étude initiée en 2010 va connaître son épilogue en 2011. La station commence à délivrer les premiers résultats, à commencer par ceux concernant des exploitations laitières. Suivront des exploitations porcines et légumières. Voici quelques unes des données relatives à une exploitation de 60 ha (herbe, maïs et blé à parts égales) produisant 420 000 l avec 2,5 UTH. Trois tracteurs de 65, 100 et 145 ch assurent tous les travaux de l'exploitation, à l'exception des transports d'ensilage, assurés par une Cuma. La consommation annuelle de fioul s'élève à 6700 l. Le 145 ch en absorbe à lui seul 56 %, pour 300 heures, soit 12 l/h, contre 23 % pour le 100 ch (360 heures, 5 l/h) et 21 % pour le 65 ch (340 heures, 4 l/h). Les travaux liés aux cultures représentent près de 80 % de la consommation totale, contre 9 % pour les épandages et 7 % pour les activités d'élevage proprement dites (alimentation, paillage). L'implantation des cultures et la récolte sont particulièrement énergivores. Le maïs, du fait des épandages d'effluents et des passages de travail du sol assortis, est plus gourmand que le blé.

La boite noire installée les tracteurs testés enregistre une dizaine de paramètres différents chaque seconde (Doc Station des Cormiers)

La boite noire installée les tracteurs testés enregistre une dizaine de paramètres différents chaque seconde (Doc Station des Cormiers)

 

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