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L’appel à la cohérence des actions publiques

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

Comment conserver l’impact territorial de la DJA  à l’heure de la multiplication des intervenants potentiels ?

État, Région, Département, communauté de communes, législateur, profession agricole : tous étaient unanimes, ce dimanche 1er septembre à Andelat : la Dotation jeune agriculteur (DJA), qui célèbre cette année ses 40 ans, est une véritable réussite de la politique d’installation et de renouvellement des générations en agriculture. Ce dont tous ont convenu également, c’est que ce dispositif, qui a permis à des générations de jeunes de disposer d’un fonds de trésorerie lors du lancement de leur projet, a aussi insufflé une véritable dynamique territoriale dans les zones de montagne et difficiles “où les conditions de vie des producteurs n’étaient pas les mêmes et ne le sont toujours pas”, a insisté Jacques Chazalet, président de la FRSEA Massif central, ajoutant que “l’aménagement de l’espace se fait par l’occupation du territoire et un projet d’entreprise viable”.

La profession s’est réorganisée

 

Et aujourd’hui ? À l’heure de la multiplication des acteurs et de la complexification du maillage territorial, d’une nouvelle distribution des cartes et compétences entre les strates de collectivités, comment pérenniser cette dynamique ? C’est la question qu’avaient souhaité mettre sur la table les Jeunes Agriculteurs d’Auvergne à l’occasion de la finale régionale de labour. “Le défi qu’a à relever la France, c’est celui de la cohérence territoriale, a répondu Jacques Chazalet. Les OPA (organisations professionnelles agricoles, NDLR), l’ont fait, particulièrement en Auvergne.” Ce que François Thabuis, président national de JA, confirmait  : “Nous avons réorganisé notre réseau JA, on s’est adapté en donnant plus de poids à l’échelon régional.” Une réorganisation qui s’est par ailleurs traduite par la mise en place d’un guichet unique pour les porteurs d’un projet agricole avec les Points info installation gérés par les chambres d’agriculture. Face à cette structuration professionnelle, le mille-feuilles institutionnel et territorial semble encore bien épais : “On pensait pouvoir mettre un peu de clarté mais on n’est pas parti pour”, a relevé le sénateur-maire de Saint-Flour, Pierre Jarlier. Ce dernier a plaidé pour que “les territoires s’organisent entre eux pour être efficaces”, avec un outil à leur disposition : le bien-nommé Scot (schéma de cohérence territoriale). “Ensuite, il faut des politiques départementales fortes avec des actions différenciées mais complémentaires et une reconnaissance de nos spécificités, nos handicaps”, avançait-il, soulignant que l’activité agricole était une composante essentielle de la vie et de l’entretien des territoires “habités”.

Autour de la table, les représentants de tous les échelons territoriaux.

Un enjeu sociétal

“C’est un enjeu de société et de cohésion nationale, abondait Bernard Delcros, vice-président du Conseil général, président de la communauté de communes du pays de Murat. Entre les futures grandes métropoles, veut-on des zones dépourvues d’habitants ou des territoires vivants ? C’est comme ça qu’il faut l’expliquer aux habitants.” L’expliquer pour justifier de l’intégration de cet enjeu agricole dans les projets de territoire. “Ce qui est important, c’est qu’il y ait de la cohérence, de la complémentarité entre les politiques locales, départementales, régionales, nationales, européennes, car demain, l’argent public sera de plus en plus rare.” Reste la question sans doute moins consensuelle du pilote, du coordinateur de ces politiques. Par la voix de Claudine Lebon, directrice régionale de l’agriculture, l’alimentation et la forêt, le ministère a transmis sa vision des choses : la politique nationale s’articulerait ainsi autour des acteurs du comité de pilotage national de l’installation et de la transmission, avec le souhait d’y associer plus largement les représentants de la société civile. Ce à quoi les JA ne sont pas frontalement opposés mais mettent une condition : “On a besoin d’instances de pilotage plus resserrées”, a rebondi François Thabuis en profitant pour faire passer un autre message. “Même si on a besoin d’adapter les politiques publiques aux spécificités du territoire, on ne veut pas de 22 politiques d’installation régionales, a exhorté le responsable JA. Comme l’ICHN, la gestion des risques, l’installation doit conserver un socle national.” Un risque sur lequel Marc Maisonneuve, conseiller régional, s’est voulu rassurant, indiquant que des échanges avaient lieu entre le président de Région et les responsables professionnels sur la gestion des fonds européens du second pilier - dont l’installation - désormais de la compétence de la collectivité régionale.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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